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Edito : « Mnèmosunè »

1 février 2019, par René Merle

Toute société doit avoir des racines, un passé pour maintenir son identité. Pour les anciens Grecs (IXe siècle av. JC), qui n'ont pas d'écrits, pas d'archives, la mémoire sociale est assurée par une personne, le mnèmon, « celui qui se souvient ». Ce sont les aèdes, les chanteurs, qui ont la charge de conserver et de transmettre valeurs, images du monde, conceptions de soi, traditions intellectuelles et spirituelles. Ils sont inspirés par une divinité que les Grecs appellent Mnèmosunè, Mémoire (*). Comment ne pas penser qu'aujourd'hui, malgré l'immensité des techniques de conservation des histoires et des expériences humaines, notre peuple, de plus en plus sans mémoire malgré l'avalanche de commémorations médiatiques, aurait besoin d'une Mnèmosunè qui le situe dans son cheminement historique. Non pas une mémoire d'État comme en a connu l'école publique de la Troisième République, mais une mémoire totale qui confronterait enfin notre présent sans souvenirs vrais à la complexité et à la richesse des choix de notre passé. Une mémoire qui ouvrirait de bons chemins à l'avenir ...

(*) cf. J.P. Vernant, La traversée des frontières.


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