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Maurras, Léon Daudet, Mistralisme et classe ouvrière

mercredi 27 mars 2019, par René Merle

Après la publication sur "Pétain en Provence", l’utilisation du mistralisme par Léon Daudet et Maurras m’a valu quelques questions. Je donne une réponse générale :
Oui, autant Léon Daudet (par les rapports de respect et d’amitié qu’entretenait son père Alphonse avec Mistral), que Maurras, par son engagement félibréen fédéraliste de 1892, connaissaient personnellement Mistral. Et le Mistral qu’ils ont connu n’était plus le jeune et ardent républicain de 1848, mais le patriarche, proclamé "apolitique" et néanmoins membre de la Ligue de la Patrie française antidreyfusarde.
Tous deux furent des chantres inconditionnels de l’œuvre du "Maître de Maillane" et de son Arcadie provincialiste, si facilement récupérable par le pétainisme.
Pour autant, et ceci peut interroger sur les rapports ultérieurs entre l’extrême droite et la phraséologie révolutionnaire, Maurras et nombre de ses disciples ont constamment affirmé leur compréhension pour les revendications ouvrières, et leur désir de réintégrer la classe ouvrière dans la "communauté nationale".
Nous sommes ici bien loin de la ruralité conservatrice mistralienne...
Opportunisme ? Sans doute, mais pas seulement. Il n’est que de voir la trouble fascination exercée sur Maurras par l’extrême gauche révolutionnaire et antimilitariste de Gustave Hervé, qu’il combat vigoureusement. Et la réciproque est vraie, d’autant qu’elle se résoudra par la volte-face que l’on sait de Hervé en 1914, devenu nationaliste convaincu, et plus tard fasciste.
On aurait tort également d’oublier le respect et l’admiration professées par Maurras à l’égard de l’œuvre, plébéienne et urbaine, de Victor Gelu, à cent lieues de l’esthétique et de l’idéologie mistraliennes.

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