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La vision de l’avenir socialiste par le collectiviste Lafargue, 1880

samedi 30 novembre 2019, par René Merle

Un radicalisme politique qui ne négligeait pas les réformes au quotidien

Dès sa création, Benoît Malon [1] a ouvert sa Revue socialiste [2] aux collectivistes du Parti ouvrier de Guesde et Lafargue (le gendre de Marx).
Je lis dans le numéro 2 de la revue (février 1880) un article de Lafargue sur les municipalités [3] qui se termine ainsi :
« Toutes les religions, pour sanctifier la tyrannique domination des classes privilégiées, ont maudit l’homme et l’ont condamné au travail esclave. Les établissements industriels et agricoles des municipalités démocratiques lèveront cette malédiction de dessus la tête des enfants, en attendant que l’organisation communiste du travail réalise sur la terre la nouvelle Jérusalem que les esclaves chrétiens des premiers siècles n’entrevoyaient que par delà la mort.
La nouvelle génération élevée dans la fortifiante atmosphère du libre travail manuel, agricole et industriel, tempérée et embellie par le développement des facultés intellectuelles et artistiques sera robuste, intelligente et bonne. Les hommes ne sont ni bons, ni mauvais, pas plus qu’ils ne sont malingres ou vigoureux, ils sont ce que les font les milieux économiques agissent pendant des générations. Les paysans sont durs et sains comme les cœurs des chênes, les tisseurs de Lille sont étiolés comme des plantes de cave. Le bourgeois, absorbé par la recherche constante de l’or, n’aiguise que les côtés rapaces de son intelligence, et au milieu des débris de tous les sentiments humains qui encombrent son cœur, se classe debout une soif ardente pour les plaisirs de l’avarice et de la débauche.
Paul Lafargue. »
Le siècle qui suivra a-t-il confirmé ou infirmé ce jeune optimisme ?

Notes

[1Voir ce mot clé

[2Sur la naissance de la Revue socialiste, cf. : Benoît Malon, Revue socialiste n°1, 1880.

[3La question municipale était au premier rang des préoccupations du Parti ouvrier. L’article commence ainsi : « La première étape du parti ouvrier dans sa lutte pour la conquête du pouvoir politique, sera la conquête des municipalités ». Lafargue y voit non seulement le moyen de soulager la misère populaire, et ce sera le rôle des premières municipalités ouvrière, mais aussi la réalisation concrète de structures économiques ouvrant la voie au socialisme dans le pays

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