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Police, à terme corps autonome ?

dimanche 1er décembre 2019, par René Merle

Dévoués au service de la République, mais sans en enfreindre les principes ?

Il fut un temps où l’on s’adressait à un rassurant agent de police quand on s’était un peu perdu dans les rues en cherchant une adresse. Ces temps sont révolus, puisque chacun (ou presque, c’est mon cas) a le secours de son smartphone…
Mais nous avons toujours, et plus que jamais, besoin de la police, au quotidien, pour assurer notre sécurité chez soi et dans la rue, pour lutter contre la délinquance, bref, pour nous permettre de vivre en paix.
Mais notre police en a de moins en moins les moyens depuis que la réforme Sarkozy a taillé dans les effectifs et les crédits, tout en abandonnant la police dite de proximité.
Les manifestations récentes de policiers ont témoigné de leur mal-être et de leurs revendications, qui ne sont pas seulement catégorielles, mais qui concernent au premier chef notre sécurité.

En même temps, nous avons besoin d’une police républicaine, c’est-à-dire d’un corps de fonctionnaires dévoués au service de l’État, mais sans jamais enfreindre nos principes républicains fondamentaux.
À ce propos, il semble que l’opinion n’a pas encore un vrai recul pour mesurer combien le pouvoir a fait de sa police un bras armé contre la contestation sociale, et à quel prix…
Un an et plus de lacrymogènes et de LBD, des milliers de blessés, des mains arrachées, des yeux perdus, des interpellations massives, et des condamnations hyper rapides…
Dans la crise dite des Gilets jaunes, notre Président fait apparemment aujourd’hui patte de velours : il comprend le message des Gilets jaunes, il pense même que ses réformes vont dans le sens de ce qu’ils souhaitent. Good Cop.
Mais pendant ce temps, en vrai Bad Cop, le préfet de police de Paris décode clairement le vrai message présidentiel. « Nous ne sommes pas du même camp », dit-il aux Gilets Jaunes, et il installe dans son camp la police. La police devient ainsi un corps de combat contre une partie des citoyens [1].
Le pouvoir devrait prendre garde aux conséquences de pareille manipulation. Car, l’expérience historique nous l’a montré, un corps armé qui, institué en rempart ultime, peut se constituer de son point de vue en force autonome, peser sur le pouvoir, ou le défier.
Mais les optimistes diront qu’il peut aussi se ranger du côté du peuple dont il est issu. C’est bien la défection des Gardes Françaises, et leur passage du côté des insurgés, qui a fait tomber la Bastille…
Je les laisse rêver...

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