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De la brutalité médiatique dans l’interrogation

lundi 2 décembre 2019, par René Merle

Alexis Corbières chez Jean-Jacques Bourdin

Il m’arrive, pas souvent, de suivre le show Bourdin sur BFMTV, une demie heure de gril pour l’invité face à un interrogateur impérieux et omniscient. Émission qui a le mérite, rare par les temps qui courent, d’inviter des représentants de tous les courants de l’opinion.
Las, on ne sait plus trop parfois si l’interviewer est là pour poser des questions permettant à l’interviewé de s’exprimer, ou de poser brutalement et à répétition la question qui le coince et le déstabilise. Pas seulement la question-piège à propos d’une donne que l’interviewé est censé connaître (prix de la baguette ou du ticket de métro, mais la question obligeant l’interviewé à répondre OUI ou NON à une question qui mériterait une réponse complète et complexe.
Certes, on peut ainsi éviter la langue de bois, mais on peut ainsi imposer le point de vue de l’interviewer sans que son partenaire puisse vraiment s’exprimer.
Ainsi, au lendemain de la mort des treize soldats français au Mali, je voyais Jean-Jacques Bourdin envoyer sèchement dans les cordes le représentant de la France insoumise. Nos troupes doivent-elles rester, OUI ou NON ? Et à chaque tentative de l’interviewé pour essayer d’expliquer qu’à terme ce n’était pas souhaitable, l’interruption brutale du OUI ou NON signifiait que la seule réponse était l’Union sacrée comme en 14, et qu’il n’y avait pas à discuter. Rompez.
Las depuis l’interview, bien d’autres voix se sont elles aussi interrogées, , y compris au plus près de la douleur paternelle sur la finalité et les modalités de l’intervention, sur la nécessité d’un débat.
Mais le mal était fait à chaud en ce qui concerne en ce qui concerne notre interviewé. En deux aboiements, il était rangé dans le camp des mauvais patriotes.

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