La Seyne sur Mer

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Violence bis repetita

samedi 7 septembre 2019, par René Merle

À propos de cette violence affreuse qui déchire notamment l’Afrique et le Moyen-Orient, après avoir déchiré les Balkans, violence dans laquelle tant d’hommes semblent se délecter (plus que les femmes et les enfants !), violence qui nous menace sans que l’admettions : non pas comme agression extérieure, mais comme virus dormeur "bien de chez nous"...
Ne nous voilons pas les yeux. La violence est en nous aussi, comme dans tout peuple "civilisé".
Les Européens de 1913 imaginaient-ils dans quelle épouvantable guerre civile ils allaient être embringués ?
Les Yougoslaves, bons européens civilisés de 1980, pouvaient-ils imaginer de quels déferlements de barbarie ils allaient être capables, coupables, et victimes, dans les années à venir ?
Est-ce nier les causes bien évidentes - causes économiques, politiques, religieuses, sociales, ethniques, etc. - de cette violence que d’en référer aussi à un instinct de violence toujours prêt à être déchaîné chez l’homme dit civilisé ?
Au même titre que le sourire du nourrisson et le respect de l’autre, la violence n’est-elle pas, contradictoirement, une donne fondamentale de ce que nous sommes ? Honte à qui la favorise, la déclenche et l’utilise...
Sans remonter aux temps dont nous ne pouvons approcher la vérité qu’à travers de rares indices, quiconque a tant soit peu mis le nez dans l’histoire de ce qu’il est convenu d’appeler « NOTRE » Antiquité (essentiellement grecque et italique) a pu constater que dans le monde des cités, avant même la formation des grands empires conquérants, la guerre, et non la paix, était la normalité. Guerre de défense, guerre d’offensive et de pillage entre voisins, et plus largement, quand de vastes intérêts économiques entraient en jeu, guerres entre cités du même monde géographique. La cité porte la guerre, et le citoyen est un guerrier… Le citoyen est un guerrier qui ignore "les lois de la guerre", et n’hésite pas, quand il le peut, à passer au fil de l’épée ou à réduire en esclavage les populations entières des cités vaincues. Athènes, chère aux philosophes, en est excellent exemple...
Et quant un empire naît de la guerre et de la conquête, comme l’empire romain, s’il assure drastiquement pendant quelques siècles une relative paix intérieure (dont se gargarisent aujourd’hui les tenants de l’Europe unie et pacifiée), c’est au prix du barrage guerrier aux frontières. Prix épuisant en ressources et en hommes, dont procéda la mort de l’Empire quand il ne put plus le payer.
On sait quels siècles de violences s’ensuivirent en Europe...
Cependant que les habitants de l’Amérique du Sud, que nous n’avions pas encore "découverts", savouraient les joies de la conquête par les guerriers de l’Empereur Inca, ou par les troupes aztèques...
Et peut-on évoquer les "Bons Sauvages" chers aux Lumières du XVIIIe sans évoquer la façon dont, dans les sociétés polynésiennes sans états, les groupes de base jouaient allègrement du casse-tête dans les rencontres entre voisins. Tahitiens et Maoris de la future Nouvelle Zélande en savent quelque chose, pour ne rien dire des clans de la minuscule et totalement isolée Rapa Nui.
J’ai déjà parlé de tout cela sur site, en liant les violences actuelles à la façon dont l’espèce humaine s’est comportée et affirmée depuis l’immensité du temps où elle subsistait dans la terreur des grands fauves prédateurs, et leur disputait les charognes...

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