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Privilèges... Du « bon » usage de l’étymologie...

lundi 9 décembre 2019, par René Merle

Le sommeil de la raison engendre des monstres...

Cf. Vive(nt) les Riches, les très très Riches

L’affaire est entendue, cheminots et agents de la RATP sont des privilégiés, comme tous les bénéficiaires de régimes particuliers.
En clamant ceci urbi et orbi, le Président et son gouvernement sont de fins étymologistes, puisque « privilège » vient du latin juridique « privilegium » : loi concernant un particulier, disposition juridique conférant un statut particulier.
À bas donc les privilèges ! Dans une nouvelle nuit du 4 août le gouvernement s’engage à les mettre à bas, en suivant la définition étymologique.
Privilégiés sont tous ceux qui vivent sans craindre pour leur emploi. Suivez mon regard et pensez au statut des fonctionnaires né du programme de la Résistance…
Etc. Etc. Et que vivent partout travail précaire et CDD…

Mais en fait les vrais privilégiés ne seraient-ils pas ceux qui au pouvoir, ceux qui se soucient comme d’une guigne des inégalités sociales, ceux qui ne cessent de s’enrichir, ceux qui bénéficient de parachutes dorés en pantouflant de la haute administration au secteur privé, et vice versa, ceux qui assurent à leurs enfants les filières d’excellence, ceux qui tiennent la plus grand partie des médias, et ceux qui demandent de plus en plus de sacrifices aux classes populaires et dorénavant aux classes dites moyennes. On sait bien que ceux-là ne sacrifieront pas leurs privilèges, sauf si la société leur impose une nouvelle nuit du 4 août...
Le Parti socialiste, dont bien des dirigeants participent de cette nouvelle aristocratie, n’a pas su ou plutôt n’a pas voulu mettre en œuvre les réformes sociales dont il se réclamait. La désillusion a profité avant tout au Rassemblement national, devant lequel désormais la colère populaire ouvre un boulevard… Exit la gauche qui a trahi, sauf à la voir revenir pour mieux sauter dans la trahison des promesses…
Ainsi, le mouvement social actuel pose aussi plus ou moins clairement la question d’une succession au pouvoir actuel, s’il vacille. Mais il la pose dans un vide politique sidérant, qui peut engendrer les monstres que peignit Goya, dans son « el sueño de la razon produce monstruos ». L’ombre du pouvoir fort...

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