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Préhistoire. Des migrations, du métissage... et du matriarcat

dimanche 6 janvier 2019, par René Merle

Nos interrogations sur les origines africaines de l’homo sapiens, les progrès de la civilisation et les difficultés de l’éthique

Préhistoire… La connaissance, de plus en plus précise, et heureusement vulgarisée, de son immensité vertigineuse est grosse de conséquences idéologiques, parfois contradictoires – l’idéologie étant le filtre à travers lequel nous nous situons dans le monde…Quelques exemples :

Dans les débats actuels autour de l’ouverture ou de la fermeture des frontières, l’origine africaine de l’homme, et son cheminement vers les autres continents, est posée en vocation migratoire incoercible de l’espèce par les tenants de l’ouverture…

De même, cette origine africaine (qui ne cesse d’interroger nos élèves : « mais alors pourquoi nous ne sommes pas noirs ? ») est avancée pour mettre en évidence l’inanité du racisme contemporain, qui ne s’en porte pas plus mal pour autant…

Et faut-il rappeler les points de vues fort différents proposés depuis plus d’un siècle sur les raisons de l’extinction de cette autre espèce humaine (Neandertal), qui peupla l’Europe avant l’arrivée de nos ancêtres Sapiens migrateurs ? Extinction naturelle ? Extinction provoquée par les Sapiens exterminateurs ? Extinction par le métissage dans la coexistence assimilatrice Neandertal-Sapiens plus « civilisés » ? On conçoit que privilégier un de ces points de vue revient à privilégier une des visions antithétiques (positive ou inquiétante) de notre fameuse « nature humaine » de Sapiens, dont quelques milliards de spécimens peuplent de plus en plus la planète…

Si nous faisons un bond en avant dans le temps, faut-il rappeler combien l’approche (discutable) des sociétés de chasseurs-cueilleurs du paléolithique supérieur (égalitaires ? matriarcales ? pacifiques ?) peut servir de référence à bien des aspirations généreuses actuelles à un autre type de société sans machisme ni domination de classe, la société actuelle étant considérée comme fille légitime des premières sociétés agricoles et artisanes du néolithique (activités différenciées, caste guerrière, patriarcat). Avec en corollaire, bien évidemment, la réflexion sur le rapport entre progrès de la « civilisation » et le recul de l’éthique…

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