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Quignard le chaman

mercredi 19 septembre 2018, par René Merle

Pascal Quignard, "Les Larmes", Grasset, 2016

Malgré le titre, ne vous y trompez pas, ce n’est pas un roman, et vous ne vous en tirerez pas avec une lecture d’une traite, histoire de connaître la fin de l’histoire.
Car, quoi qu’en écrivent des critiques désireux de faciliter la tâche du lecteur, l’histoire des jumeaux Hartnid et Nithard, petits-fils de Charlemagne, n’est en rien une histoire, mais une série de collages, d’envolées, d’évocations, et de prodiges…
Avec Quignard le chamane, nous sommes, non seulement à la recherche d’un temps primitif, mais dans la retrouvaille d’un temps primitif, qui pour tout homme est celui de la gestation dont il est si douloureux de se dégager.
Un temps primitif qui, par la voyance de l’auteur, est ici, en ce début foisonnant où l’on ne peut entrer qu’au risque de se perdre, celui de la forêt d’avant l’homme et de la pureté animale.
Ou encore, si l’on veut tenir compte de l’homme comme être historique, ce temps est celui de la forêt d’un temps premier, qui ne tient pas compte des siècles antérieurs de romanité, mais qui accompagne et accueille la venue des barbares germanique et leur ordre nouveau, et leur Serment de Strasbourg, (mais sur ce dernier je reviendrai peut-être)…

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