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Os Vampiros, les Vampires

vendredi 27 décembre 2019, par René Merle

La chanson vengeresse de Zeca Afonso

En cette fin d’année, nous pouvons dédier « Les Vampires » à tous ceux qui, politiques et maîtres de la finance, imposent leurs froide logique comptable et savourent leurs confortables dividendes, en nous faisant croire que ce n’est nous qui avons besoin d’eux…

Os Vampiros : le chanteur-compositeur Zeca Afonso [1929-1987] écrivit cette chanson en 1958, alors que le régime salazariste tentait de se donner une façade d’ouverture en autorisant, bien formellement, une candidature d’opposition à l’élection présidentielle. Il la diffusera courageusement à partir de 1963, et l’on peut dire qu’avant la Révolution des œillets, Os vampiros fut métaphoriquement la chanson de résistance au fascisme portugais la plus connue et la plus efficace. Il est significatif qu’elle revienne aujourd’hui sur les bouches des manifestants dont les immenses cortèges stigmatisent la politique d’austérité gouvernementale imposée par l’Europe du fric.

OS VAMPIROS - LES VAMPIRES

No céu cinzento
Sob o astro mudo
Batendo as asas
Pela noite calada
Vem em bandos
Com pés veludo
Chupar o sangue
Fresco da manada

Dans le ciel gris, sous l’astre muet (taciturne)
Battant de leurs ailes le silence de la nuit
Ils viennent en bandes avec des pieds de velours
Pour sucer le sang frais du troupeau.

Eles comem tudo
Eles comem tudo
Eles comem tudo
E não deixam nada

Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.
Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.

A toda a parte
Chegam os vampiros
Poisam nos prédios
Poisam nas calçadas
Trazem no ventre
Despojos antigos
Mas nada os prende
Às vidas acabadas

Les vampires arrivent de partout
Ils se posent sur les maisons et sur les chaussées
Ils portent dans leur ventre de très anciens restes
Rien ne les relie à ces vies brisées.

Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.
Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.

Se alguém se engana
Com seu ar sisudo
E lhes franqueia
As portas à chegada
Eles comem tudo
Eles comem tudo
Eles comem tudo
E não deixam nada

Il y en a qui se fient à leur aspect sérieux
Et quand ils arrivent leur ouvrent leur porte.
Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.
Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.

No chão do medo
Tombam os vencidos
Ouvem-se os gritos
Na noite abafada
Jazem nos fossos
Vítimas dum credo
E não se esgota
O sangue da manada

Les vaincus tombent à terre apeurés
On entend leurs cris dans la nuit étouffée
Dans les fossés, gisent les victimes d’une idée
Et du sang du troupeau, jamais ils n’ont assez.

Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.
Ils mangent tout, ils mangent tout
Ils mangent tout et ne laissent rien.

São os mordomos
Do universo todo
Senhores à força
Mandadores sem lei
Enchem as tulhas
Bebem vinho novo
Dançam a ronda
No pinhal do rei

Ce sont les maîtres de tout l’Univers
Seigneurs par la force, dominateurs sans lois.
Ils s’emplissent de blé et boivent le vin nouveau
Ils dansent en rond dans la pinède du roi.

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