La Seyne sur Mer

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Les opportunistes : socialistes caméléons

samedi 21 décembre 2019, par René Merle

Quand Jacques Dutronc anticipait...

Hier soir dans le centre ville de ma bonne ville de Toulon, des manifestants ont quelque peu perturbé l’inauguration du siège de campagne de la candidate LaRem pour les municipales.
La sono diffusait l’Opportuniste, et ce n’était pas innocent. Nous avons connu la jeune candidate responsable des jeunesses communistes, puis responsable du Parti socialiste, puis candidate derrière Mr Castaner aux régionales, avant de se retirer et d’appeler à voter pour la droite de Mr Estrosi (barrage citoyen au FN, dixit !), et finalement rallier LaRem et en devenir la députée !
Chacune (et chacun) a le droit (le devoir, diront les opportunistes), d’évoluer, et il ne m’appartient pas de juger pareille évolution.
Mais on ne peut s’empêcher de la mettre en rapport avec un phénomène général, qui vit lors de l’élection présidentielle nombre de responsables socialistes et apparentés passer du côté de Mr Sarkozy (ah, Mr Kouchner faisant son jogging avec le Président dans les rues de New York), et qui vit lors de l’élection présidentielle de 2017 une bonne partie de la garde rapprochée de Mr Hollande se rallier au candidat Macron et peupler son ministère.
S’agit-il d’une nouveauté radicale ou d’un avatar ordinaire des reniements successifs qui ourlent la trame de nos modernes Républiques, depuis 1871 ? (Reniements hélas voués aux oubliettes de l’Histoire : qui sait encore que Mr Laval, fusillé pour Collaboration, a été jeune socialiste révolutionnaire, et que le fasciste Doriot fut une figure marquante du jeune Parti communiste ? J’en passe et des meilleures)…
Je pencherais plutôt du côté de l’aboutissement d’un long processus qui vit le parti socialiste, encore verbalement révolutionnaire avant 1939, perdre progressivement son âme dans la quête des petits et grands pouvoirs au service d’un capitalisme qu’il ne s’agit plus de combattre, mais seulement d’accompagner. Pas étonnant que d’un point de vue individuel, tant de présumés socialistes, en quête de reconnaissance et de postes, soient allés du côté du nouveau manche, quand le leur ne leur offrait plus de perspectives de carrière. L’exemple qui m’a le plus secoué est celui d’un jeune député socialiste, élu en 2017 et benjamin de l’Assemblée nationale, qui vote contre le budget de Mr Philippe et le lendemain même accepte un poste de secrétaire d’État (aux Comptes publics !) dans le gouvernement qu’il venait de condamner !

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