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France 2019. La question de l’alternance est posée ?

mardi 8 janvier 2019, par René Merle

Un nième recours « réformiste » de centre gauche à la crise ?

Dès sa naissance, le pouvoir macronien reposait sur des bases fragiles que le chœur des thuriféraires, et Dieu sait qu’il y en avait, ne voulait pas voir : élu par le rejet du FN, Macron ne réunissait au second tour que 43,6% des inscrits ; et le raz de marée LaRem aux législatives s’inscrivait dans un contexte évident de désaffection citoyenne : abstention, votes blancs et nuls totalisaient 62,3%. Tel était le talon d’Achille de la victoire macronienne.

La faiblesse de ce pouvoir se traduit aujourd’hui par une crise de grande ampleur. Après la défaite des syndicats et de leurs manifestations légales et pacifique, (Loi Travail, réforme de la SNCF), l’idée s’est implantée dans une grande partie de l’opinion que ce pouvoir ne recule que devant la force, voire la violence.

Certes, tout minoritaire qu’il soit dans l’opinion, ce pouvoir peut se perpétuer par le seul jeu des institutions de la Cinquième République. Mais il essaie naturellement, comme l’opération Juppé le montre, d’élargir sa base réduite et de rallier une partie de la droite qui lui fait grandement défaut. Il joue aussi sur la peur de la violence pour essayer, sinon de rallier, à tout le moins de neutraliser l’opposition de la gauche dite de gouvernement.

Mais il n’empêche, lla question de l’alternance est posée. On voit évidemment se dessiner un postulant de taille, le RN fort de son formidable score au second tour des présidentielles, et grossi d’un renfort venu de LR, et, en outsider, la France insoumise, qui prétend rassembler le Peuple contre la Caste.
Il est évident que les appétits de ces deux formations permettront au pouvoir de se poser en rempart contre l’extrémisme.
Mais ils peuvent aussi susciter les appétits d’un troisième larron.

La nature ayant horreur du vide, d’aucuns envisagent la naissance d’un bloc prudemment réformiste à vocation majoritaire, melting pot de socialisme à l’ancienne, de néo-socialisme, d’écologisme, de syndicalisme à la CFDT, et j’en passe. Bloc auquel bien des chevaux de retour, (dont certain/e/s sont déjà au starting block), s’attelleraient volontiers, mais aussi à la tête duquel pourraient se retrouver une ou plusieurs figures nouvelles, inspirées par l’exemple du Mitterrand rassembleur de 1971…

Compte tenu du bilan des précédents gouvernements socialistes, il y a fort à parier que l’entreprise, reçue comme salvatrice par bien des électeurs déboussolés, ne messiérait pas aux forces financières occultes qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. Car nous retournerions dans le cas de figure tant de fois rencontré depuis trente ans : changer par l’alternance pour que rien ne change…

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