La Seyne sur Mer

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Union nationale ?

mercredi 19 février 2020, par René Merle

"Union nationale", clamaient, paraît-il, les Français depuis l’épreuve de Charlie. Union nationale contre le terrorisme évidemment, et puis, pourquoi pas disaient d’aucuns, pour nous sortir de la crise ?
J’en vois qui sourient en constatant que, dans la crise actuelle, c’est à nouveau ce qu’en haut lieu on ressert au bon peuple. Sans autre précision : ne parlons pas de programme, parlons de l’Union nationale... Contre la menace terroriste, contre le coronavirus, contre le réchauffement climatique, contre la violence, contre le séparatisme islamiste...
Union nationale dont évidemment l’ossature serait toujours le "En même temps" de qui vous savez, censé éliminer l’opposition droite - gauche au profit d’un mouvement au service d’un homme et d’une ambition...
Grande nouveauté ? Voire...
Laissons de côté les brèves période d’union nationale fugitive, suscitées par l’énormité de l’événement : en 1914, "l’Union sacrée" vit se retrouver dans le même gouvernement les pires conservateurs et les socialistes collectivistes... En 1945 où tous les partis non collabos se retrouvèrent sous l’égide de de Gaulle pour reconstruire un pays dévasté et traumatisé...
Mais évoquons seulement les périodes d’Union nationale politicienne qui marièrent la carpe et le lapin pour éliminer les "extrémistes".
Sous la IVe République, la France connut bien des gouvernements où se retrouvaient les socialistes S.F.I.O, les radicaux de gauche et de droite, les démocrates-chrétiens du Centre droit (MRP), les représentants de la droite dite républicaine, sans compter les clubistes ne représentant à vrai dire qu’eux-mêmes, comme le futur président Mitterand.
Le glorieux résultat de ces rafales d’Union nationale fut l’enlisement que l’on sait de la IVe République et l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, après le coup de force du 13 mai 1958. Lequel général s’empressa de former un gouvernement... d’Union nationale, avec la droite évidemment, mais aussi avec les démocrates-chrétiens du Centre droit (MRP) et les socialistes S.F.I.O...
Mais nous évoquons ici des périodes où, à tout le moins formellement, la distinction Droite - Gauche avait encore un sens dans l’opinion.
À l’évidence, le fait que, depuis le règne Mitterrand, les gouvernements de droite et de gauche aient pratiqué à peu près la même politique "libérale" de régression sociale et de soumission au corset économique et financier de l’UE, a désabusé une grande partie de l’opinion qui a signifié dans l’abstention ou le vote désenchanté que droite et gauche c’était la même chose...
Et c’est bien là-dessus qu’a surgi notre candidat président, et qu’il a surfé pendant ses premiers mois.
Las, il est devenu bien vite apparent que son Union nationale effaçant les partis n’était en fait qu’une mouture aggravée de la politique "libérale", et que c’est cette politique qui divise la France, entre ceux qui profitent du "libéralisme", et ceux qui en souffrent...Ce qui n’implique pas forcément la réapparition de la vieille opposition droite gauche. La permanence et la force du Rassemblement national en témoigne, qui, comme son nom l’indique, aimerait bien reconstituer sous son égide la fameuse Union nationale...

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