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Grândola vila morena et la Révolution des Œillets

lundi 3 février 2020, par René Merle

L’hymne populaire de la Libération

Dans les immenses manifestations contre la dictature euro-libérale d’austérité, qui ont secoué le Portugal, a retenti Grândola, Vila morena, en écho à la Révolution des Œillets qui fit tomber la dictature post-salazariste.
Diffusée par la radio militaire, cette chanson donna le signal de l’intervention du Mouvement des Forces Armées, dans la nuit du 24 au 25 avril 1974. Étrange impression pour nous alors de voir des paras casquette Bigeard, lassés de la guerre coloniale d’Angola, ouvrir la voie au déferlement révolutionnaire populaire.
Composée par le militant antifasciste Zeca Afonso [1929-1987], la chanson, qui exaltait l’esprit démocratique de cette cité de l’Alentejo, avait évidemment été censurée sous le régime de Salazar. D’où son utilisation comme signal de l’insurrection [1].
Aujourd’hui, depuis que l’Europe "libérale" qui fut celle du Portugais Barroso, (qui paraît-il fut de sensibilité maoïste en 1974 !) corsète les peuples, le souvenir de cette révolution libératrice, - dont le spectre rouge fut vite jugulé et canalisé par les soins et le fric de la social-démocratie allemande, mère de toutes les soumissions -, est un signal de ralliement dans la lutte contre l’austérité, qu’elle inscrit dans la continuité de la Révolution des œillets.
Mais reste-t-il aujourd’hui en Europe un espoir de la Révolution, cet espoir qui a couru de génération en génération pour s’anéantir dans la grande fracture des années 1980 ?

Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
O povo é quem mais ordena
Dentro de ti, ó cidade
Dentro de ti, ó cidade
O povo é quem mais ordena
Terra da fraternidade
Grândola, vila morena
Em cada esquina um amigo
Em cada rosto igualdade
Grândola, vila morena
Terra da fraternidade
Terra da fraternidade
Grândola, vila morena
Em cada rosto igualdade
O povo é quem mais ordena
À sombra duma azinheira
Que já não sabia a idade
Jurei ter por companheira
Grândola a tua vontade
Grândola a tua vontade
Jurei ter por companheira
À sombra duma azinheira
Que já não sabia a idade

Grândola ville brune
Terre de la fraternité
Le peuple est celui qui commande le plus
A l’intérieur de toi ville
A l’intérieur de toi ville
Le peuple est celui qui commande le plus
Terre de la fraternité
Grândola ville brune
Dans chaque coin un ami
Dans chaque visage un ami aussi
Grândola ville brune
Terre de la fraternité
Terre de la fraternité
Grândola ville brune
Dans chaque visage un ami aussi
Le peuple est celui qui commande le plus
A l’ombre d’un chêne
Dont je ne savais pas l’âge
Je t’ai juré comme compagne
Grândola à ta volonté
Grândola à ta volonté
Je t’ai juré comme compagne
A l’ombre d’un chêne
Dont je ne savais pas l’âge.

Notes

[1Cf.Mercedes Guerreiro,Jean Lemaître, Grândola Vila morena, le roman d’une chanson, éditions ADEN, 2014.

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