La Seyne sur Mer

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Rendre justice à Guy Mollet ?

dimanche 23 décembre 2018, par René Merle

Mollet, et la nature même de la social-démocratie française

Après la fin de la tragédie algérienne, l’enterrement de la SFIO et la naissance d’un nouveau parti socialiste (1971), il fut de bon ton chez les nouveaux dirigeants socialistes de prendre toutes leurs distances avec Guy Mollet « le mal aimé ». Enfoncer Guy Mollet était un moyen facile de dédouaner la social-démocratie française de ses tragiques responsabilités antérieures : elles n’étaient pas le résultat inévitable d’une faille constitutive de la social-démocratie française, mais ne relevaient que des errements d’un seul homme, trop longtemps secrétaire général de son parti…
Une saine lecture, celle de l’ouvrage incontournable de François Lafon [1], met au contraire en évidence que Guy Mollet, loin d’être considéré comme un tenant de l’aile droite de la social-démocratie, était l’héritier de l’aile gauche guesdiste révolutionnaire, qui défendit constamment l’évidence de la lutte des classes contre le « confusionnisme » des modérés du Parti, Blum au premier chef.
C’est dire que les « errements » algériens de Guy Mollet, loin de s’expliquer par la panique d’un homme mis brutalement devant des responsabilités historiques, relèvent de la nature même de la social-démocratie française, y compris dans ce qu’elle a de plus « avancé ».

Notes

[1François Lafon, Guy Mollet, Paris, Fayard, 2006.

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