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De la démission de Mme Jouanno et de la haute Fonction publique

mercredi 9 janvier 2019, par René Merle

Retour sur le rapport du sénateur Collombat.

Ainsi Madame Jouanno, consciente de l’émoi causé dans l’opinion publique par la révélation de son salaire (14666 euros mensuels), annonce se retirer du pilotage du « grand débat national ».

Et du même coup l’opinion mesure quelle est l’opacité d’un système qui rend bien difficile de connaître les traitements, et, il faut bien le dire, les privilèges dont jouit la haute administration publique, directement recrutée ou recrutée par glissement vers d’autres secteurs.

Car, évidemment, Mme Jouanno conserve ce salaire en tant que présidente de la CNDP (Commission nationale du débat public), haute autorité administrative indépendante chargée de faire prendre en compte les points de vue des citoyens dans le processus de décision. La CNDP existait avant l’annonce du fumeux « grand débat national » lancé par le Président, et elle existera après.

Mme Jouanno en exerce dont la présidence après avoir exercé une foultitude de fonctions de conseil et de direction, dont la variété et l’hétérogénéité donnent une bonne idée de l’étonnante capacité de ces hauts fonctionnaires à traiter de tout et du reste. Je vous renvoie à son CV facilement consultable sur Internet.

En fait, ce ne sont pas ici les capacités et les compétences de Mme Jouanno qui sont en cause, nul n’en doute, (pas plus que celles dont témoigne sa magnifique carrière sportive de haut niveau), mais bien un système de caste, celui de la haute fonction publique, telle que la décrit par exemple le rapport du sénateur Collombat dont je signalais récemment tout l’intérêt :De la haute et très haute fonction publique.
Un système d’osmose entre cette haute fonction publique de plus en plus imbriquée avec des intérêts privés, et le pouvoir politique, au service de qui elle est (quand elle ne le domine pas) plus qu’elle ne l’est au service de l’État et du bien commun.

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