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René Merle. Chronologie : contribution à l’histoire du P.C.F dans le Var

mardi 14 janvier 2020, par René Merle

Cet article ne peut être exhaustif ; on ne s’étonnera donc pas de ne pas y trouver tous les noms des militants actifs dans cette période.

Des amis varois m’ont demandé si je pouvais replacer sur ce site l’article sur le Parti communiste dans le Var, publié dans mon ancien blog. Le voici donc.

"René Merle. Chronologie : contribution à l’histoire du P.C.F dans le Var, 1919-1944.

Sources et bibliographie
- Archives Départementales du Var.
- Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (dir.J.Maitron et C.Pennetier), Les Éditions ouvrières, 1983.
- J.Girault, Le Var rouge, Publications de la Sorbonne, 1995.
- J.M.Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’Histoire politique, Aix-en-Provence, 1989.
- J. Le Ramey et P. Vottero, Mutins de la mer Noire, Paris, Éditions sociales, 1973.
- A. Marty, La Révolte de la mer Noire, Éditions sociales, 1949, Maspero, réédition, 1970.
- R.Merle, Culture Occitane per avançar, Éditions sociales, 1977.
- R.Merle, Archives personnelles et entretiens personnels.
- 1920-1970. Souvenirs de vétérans varois du Parti communiste français, Toulon, 1970.
- G.Pajetta, Douce France, Editori Riuniti, Rome, 1956.
- L.Puccini, brochure : La Seyne et la Résistance, Les FCM 1942-1944, et conférence de l’ANACR La Seyne le 27 mai 1998.

1 - Préhistoire et naissance du Parti : 1918 -1921

1919
Dans la foulée de la guerre et de l’Union sacrée, victoire de la droite aux législatives dans le Var comme dans toute la France. La guerre a été particulièrement meurtrière dans le Var rural et de nombreux jeunes adultes de sensibilité socialiste sont revenus du front pacifistes, hostiles à leurs dirigeants, et partisans de la révolution russe. Cf GAOU à Brignoles, ESPITALIER à Villecroze, les jeunes socialistes de La Cadière, etc. Cf. la mine de bauxite de Tourves, où l’entrée d’une galerie porte l’inscription “quartier soviet” portée par Maurice COLLE. Certains militaires ont été engagés en Russie après l’armistice de novembre 1918. Ils en reviennent gagnés à la Révolution, comme le marin DAUCROS (Hyères), le fantassin BAGARRY (Aups).
À Toulon, La Seyne, Saint-Tropez, dans un contexte de luttes ouvrières s’affirment des militants syndicaux combatifs, de formation anarcho-syndicaliste le plus souvent, eux aussi admirateurs de la révolution russe et défenseurs des marins mutins de la Mer Noire et de Toulon.
C’est dans ces milieux que s’affirmeront les premiers communistes.
19-23 avril 1919 - mutinerie de Sébastopol (DAUCROS). [ Révolte de la mer noire, témoignage (en provençal) : Frédéric Daucros ]
1er mai massif - 17000 à Toulon : plate forme revendicative et soutien à la Russie.
mai-juin : retour des marins de la Mer Noire à Toulon.
1-17 juin : Mutinerie à Toulon sur le Provence.
10 juin - 28 juillet - la longue grève pour les salaires aux Forges et chantiers de la Méditerranée (La Seyne) se termine par un échec et le licenciement des “meneurs”. Parmi eux, deux dirigeants syndicaux de sensibilité révolutionnaire : ORSINI se dit “bolcheviste”, SABATTINI (d’origine italienne, s’adresse en italien aux nombreux ouvriers immigrés) est en relation avec le noyau communiste français de Péricat, et veut constituer un soviet à La Seyne.
21 juillet : hésitations des dirigeants et grève générale varoise avortée, déception des militants révolutionnaires.
29 septembre - 8 octobre : le conseil de guerre juge les mutins à Toulon.
26 octobre : Toulon, salle du Casino, grand meeting pour l’amnistie des mutins.
- 19 nov. 1919 - élections législatives - scrutin de liste départemental. Victoire de la droite sur les socialistes. Apparition symbolique d’une liste “communiste” avec Pierre ARNOUX (secrétaire de mairie, mutilé de guerre), Émile COLLOMP (ouvrier Arsenal, croix de guerre, dirigeant syndicaliste révolutionnaire), Marius DOURSIN (ouvrier Arsenal, mutilé de guerre, dirigeant syndicaliste révolutionnaire), Hippolyte PIGNOL (ouvrier monteur), Joseph ROUSSEL (ouvrier Arsenal).

1920
Février, première grève des cheminots. Trois centres principaux : Toulon, Carnoules, Les Arcs. Dirigeant : NEBOUT.
6-19 mai : seconde grève des cheminots. Le 5, arrestation préventive de syndicalistes dont ORSINI, FLANDRIN (arsenal), NEBOUT. Cette arrestation entraîne un élargissement de la grève à d’autres corporations, dont l’arsenal, les traminots, etc, du 6 au 8 mai. Les FCM de La Seyne, cassés par la répression de 1919, ne bougent pas : heurts le 7 devant les chantiers entre la police et les grévistes de l’arsenal appelant à la grève.
La grève est brisée le 11 par la condamnation de la direction réformiste de la CGT et par la répression : licenciements chez les cheminots, à l’arsenal, dont les dirigeants syndicaux NICOLINI et REY, chez Schneider à La Londe. NEBOUT est licencié et condamné à 4 mois de prison le 23 juillet.
Février : congrès socialiste varois, faible courant pour l’adhésion à la IIIe Internationale, avec REY (arsenal, La Valette) et FABRE (insituteur, La Valette). Le courant gonfle dans l’année, sans devenir majoritaire au congrès fédéral le 19 décembre.
Septembre : Élection partielle du Luc pour le siège de conseiller général, disputé entre deux socialistes. BARBARROUX, se réclamant de la Troisième Internationale, l’emporte sur le partisan de la Deuxième Internationale.
La section socialiste de Carnoules, comprenant de nombreux cheminots, se prononça pour l’adhésion à la IIIe Internationale.

1921
Dans le courant de l’année, organisation de la Fédération, d’abord S.F.I.C puis Parti Communiste.
Parmi les premiers adhérents au parti communiste, et organisateurs locaux du parti, dès 1921 : Auguste BERTHON (arsenal), Joseph COLOMBON (secrétaire syndicat métaux) à La Seyne, BOULINEAU (cheminot) à Carnoules, François CRESP (artisan en cycles) à La Seyne, Célestine et Frédéric DAUCROS (ouvrier agricole) à Hyères, Jules DOR (monteur en téléphone) à Hyères, ESPITALIER à Aups et Salernes, Baptistin ÉTIENNE (métayer) à La Cadière, Victor ÉTIENNE (ouvrier agricole) à La Cadière, FLANDRIN à Toulon, Charles GAOU (artisan charron) à Brignoles, Marius JANSOULIN (cultivateur, maçon) à La Cadière, MAGNE (Saint Maximin et Nans les Pins), MARI à La Cadière et Toulon, NICOLINI (électricien) à Toulon, Germain OLIVIER (ouvrier des PTT) Draguignan, ORSINI à La Seyne, THOMAZO à Saint Tropez, Henri SEILLON (ajusteur) à Saint Tropez, Paul VIORT (ouvrier à l’Arsenal) à Toulon.
Des tensions initiales :
- avec Auguste BERTHON, depuis 1919 adjoint au maire socialiste de Toulon, qui ne démissionne pas.
- avec les syndicalistes de formation anarchiste qui proclament la supériorité du syndicalisme sur le Parti

2 - Les difficiles années d’affirmation : 1922 – 1933

1922
12-13 mars congrès fédéral Hyères. Examen des perspectives électorales. Débat sur la participation du Parti communiste au Comité d’amnistie qui patronnait la candidature de Marty au conseil général dans le canton d’Hyères. Lancement de l’hebdomadaire Le Var ouvrier et paysan.
14 et 21 mai, élections :
- Pour le conseil d’arrondissement, candidatures des mutins Marty et Badina présentées par le parti communiste à Toulon et La Seyne, contre candidatures SFIO.
Le café de MARI au Pont du Las est le siège de la permanence électorale communiste.
- pour les cantonales :
Bon score de GAOU candidat communiste contre le maire aux élections cantonales à Brignoles : 457 voix sur 2 204 inscrits.
Le 14 mai BARBARROUX réélu conseiller général communiste du canton du Luc, sans adversaire, avec 738 voix sur 1 753 inscrits. Campagne très peu politisée, critiqué au congrès fédéral de Toulon.
24 septembre, congrès fédéral Toulon (café Mari).
Scission syndicale effective et 1er congrès CGTU en août.
octobre- novembre, grève d’un mois à l’usine de fabrication de torpilles Whitehead à Gassin-Saint Tropez, échec, licenciements de militants.

1923
En réponse à la stratégie socialiste d’unité avec les radicaux et le centre gauche, année d’isolement et de tensions internes pour le PC.
Les communistes quittent la Ligue des Droits de l’Homme.
14 janvier, congrès fédéral Brignoles - VIORT secrétaire fédéral.
Nombreuses tensions sur la ligne d’hostilité absolue aux socialistes : des militants, dont BERTHON, quittent le parti. Tensions internes au parti avec militants de formation anarcho-syndicaliste, en écho des tensions au sein de la CGTU. Conflit interne entre VIORT et NICOLINI, correspondant varois de L’Humanité. Crise de l’organisation à Toulon.
BARTOLINI adhère au syndicat CGTU des Travailleurs de la Marine.

1924
En raison de la crise de l’organisation communiste à Toulon, Carnoules devint le siège varois du Parti communiste.
17 février : congrès communiste à Carnoules pour la désignation des candidats aux élections législatives du 11 mai.
Scrutin de liste. Victoire des socialistes et de leurs alliés.
Les communistes (BARBARROUX, AUBERT Henri, COLLIN Hippolyte, REY Louis) se comptent : 3724 à 3949 voix, contre 32 à 33000 pour la liste de coalition socialiste et 20000 pour la droite.
N’arrivant pas en tête dans son canton du Luc, BARBARROUX démissionne du conseil général, se représente et est battu. Plus de conseiller général communiste.
La campagne électorale permet de consolider l’organisation : Formation de la cellule d’Hyères, DOR secrétaire. Organisation définitive de la section de Brignoles, GAOU secrétaire. Gaou devait être le premier secrétaire de la section communiste de Brignoles qui s’organisa définitivement en mars 1924.

1925
Campagne contre la guerre du Maroc début 1925.
le 5 juin 1925, à Tourves, MAGNE, PERRIN (Besse), GAOU arrêtés pour affichage contre la guerre.
Dans cette campagne, affirmation du PC à Carnoules avec BOULLINEAU, secrétaire du syndicat cheminot CGTU et secrétaire de cellule, et TURLE, agriculteur, coopérateur.
Mais difficultés à Toulon : crise entre direction PC et syndicalistes de l’arsenal, hostiles à la grève générale anti-guerre de la CGTU.
Présentation de listes communistes du “Bloc ouvrier et paysan” aux élections municipales de 1925 dans de nombreuses communes.

1926
25 mars, affaire de l’affichage de Tourves contre la guerre du Maroc : PERRIN (quarante jours de prison), GAOU (six mois de prison), MAGNE (quarante jours de prison et 100 F d’amende) pour "provocation publique de militaires à la désobéissance".
Grand rassemblement de protestation à Brignoles, le 11 novembre, suivi d’une manifestation de rues. Cette campagne a joué un rôle important dans l’implantation communiste dans le Var. Ainsi, malgré le contexte d’isolement politique et la dureté des conditions militantes, les années suivantes vont connaître bien des adhésions, qui fourniront des cadres importants.

1927
Début de l’application de la tactique “classe contre classe”.
Juin-juillet, troubles à la prison maritime de Toulon. POTHIER, dirigeant syndical et communiste, exprime sa solidarité avec les mutins et demanda l’amnistie. Adhésion de Marius BONIFAY lors de la constitution d’une cellule à La Cadière. à La Seyne, adhésion de Édouard et Esprit ARMANDO (chantiers)

1928
Adhésion de BARTOLINI et Fernand REVEST (arsenal), de COLLE (père) à Tourves, de DURANDO (cheminot Toulon, Sollies-Pont), de FOUCARD, du Muy (secrétaire cellule), instituteur aux Arcs. Il aurait alors dit à Durando qui venait d’adhérer : " pas d’argent, beaucoup de tâches et parfois la prison ".
22 et 29 avril : Élections législatives (5 circonscriptions). Victoire confirmée des socialistes et de leurs alliés.
Application par le PC de la tactique “classe contre classe” sur le plan électoral, avec maintien au second tour. Résultats communistes 1er tour (Brignoles, BARBARROUX, 1869 sur 10034 votants - Draguignan, CHARGNIOUX, 1643 sur 15750 votants - Toulon 1, STRACK, 1135 sur 12556 votants - Toulon 2, PERI, 1757 sur 12811 votants - Toulon 3, Victor ÉTIENNE, 1134 sur 10332 votants). Déperdition sensible des voix communistes au second tour, mais un socle demeure, avec des noyaux très solides : ainsi, à Carnoules, le candidat communiste précéde le socialiste SFIO et, fait significatif, perd très peu de voix au deuxième tour. La campagne a permis de consolider l’organisation : par exemple, une cellule créée à Aups.
Mais crise profonde à propos de la stratégie, jugée par beaucoup sectaire et ignorant l’état d’esprit réeel de la classe ouvrière, revendicative mais non révolutionnaire. Ainsi à Toulon, conflit entre militants de l’arsenal et le nouveau secrétaire du rayon du Var, H.SEILLON.

1929
Adhésion de COLLE Raoul, maçon et cultivateur, qui devient secrétaire de la cellule de Tourves.
5 et 12 mai, élections municipales et listes communistes du “Bloc ouvrier et paysan”.
La liste communiste est élue à Carnoules dont TURLE devient maire.
Toujours la tactique “classe contre classe” et la dénonciation de “l’opportunisme”. Ainsi, à Draguignan, mise à l’écart par les dirigeants varois, puis exclusion de Germain OLIVIER, qui a serré la main d’un conseiller municipal socialiste.

1930
Violentes critiques de la direction régionale et départementale contre “l’opportunisme” des communistes syndicalistes de l’Arsenal de Toulon, particulièrement lors des manifestations d’août 1930. Le dirigeant syndical DINÉ fut emprisonné à la fin d’une manifestation du syndicat des travailleurs de la Marine, le 21 août, pour " rebellion aux agents de l’autorité ", et condamné le 29 août, par le tribunal correctionnel de Toulon à huit jours de prison. Le 28 août, manifestation de plusieurs milliers d’ouvriers de l’Arsenal, dont certains veulent manifestants voulaient aller devant la prison. MAZAN, qui a fixé l’itinéraire avec la police, refuse. La direction le critiquera très durement.
De même, alors que la municipalité de Carnoules réalise, particulièrement au plan scolaire, la direction régionale la critique violemment pour avoir rendu visite au préfet et à l’inspecteur d’académie.

1931
Victor ÉTIENNE, spécialiste des questions paysannes, et responsable du rayon du Var début de 1931, avec REVEST.
Adhésion de Jean AUGUSTE, artisan charron, socialiste dans les années 20, communiste sans carte, et de Victorin ROUX, ouvrier agricole, marqué par la guerre, socialiste opposant, communiste sans carte, lors la constitution de la cellule de Carcès à l’initiative de Gaou.

1932
1er et 8 mai : Élections législatives, 5 circonscriptions comme en 1928. À nouveau victoire des socialistes et de leurs alliés du centre gauche.
Même stratégie communiste “classe contre classe” : refus de la “discipline républicaine” au profit du “parti socialiste de trahison”, pas de désistement, maintien au second tour (avec perte notable de voix).
Résultats 1er tour du PC : Brignoles, GAOU (1153 contre 1869 en 1928), Draguignan, SADOUL (1890 contre 1643), Toulon 1, DINÉ (616 contre 1135), Toulon 2, BARTOLINI (1090 contre 1135), Toulon 3, V.ÉTIENNE (862 contre1134).
À l’initiative du PC, congrès ouvrier et paysan contre la guerre au à Toulon.
Adhésion de REVERDITO à La Seyne.
À la veille de 1933, le parti communiste apparaît relativement en stagnation électorale, voire en recul, mais il a conquis des positions solides en milieu rural et peut compter sur un potentiel de militants dévoués et très présents.

3 - L’essor : 1933 – 1938
Le parti connaît dans ces années un afflux d’adhésions. Je ne mentionne dans ce nombre impressionnant que quelques noms et renvoie au Maitron pour les autres.

1933.
C’est une année charnière, où les effets de la crise économique se font sentir très durement, tant en ville qu’à la campagne. Le parti en crise dans les années 29-32 va devenir un parti de masse.
Précocité de l’union dans le Var :
- Un élément majeur : la scission du parti socialiste, entre Parti socialiste de France, droitier, et SFIO, qui reste sur des positions plus à gauche. Nombre de socialistes varois suivront Renaudel au PSDF, mais les militants demeurant à la SFIO sont pour l’essentiel tendance “La Bataille socialiste”, particulièrement à Toulon, partisans d’une unité d’action avec les communistes.
- Cette unité commence à s’imposer dans les luttes revendicatives contre la politique gouvernementale et patronale. Les communistes, dirigeants de la CGTU, et notamment BARTOLINI, jouent un rôle majeur dans ces luttes et dans les propositions unitaires à l’égard de la CGT et des autonomes. Cf les appels de BARTOLINI aux meetings toulonnais du 18 février et du 1er mai, et, le 21 octobre, sa présidence du meeting commun aux trois syndicats.
- L’antifascisme pousse à l’unité : 7000 manifestants à Toulon contre la venue de Philippe Henriot (19 avril).
Adhésion de Gabriel COLLE, cheminot à Carnoules, qui devient vendeur-correspondant de Rouge Midi et bientôt responsable du parti, de BACELON (arsenal) qui deviendra secrétaire de la cellule du Pont de Bois et animera un comité Amsterdam-Pleyel dans le quartier, avec plus de cent membres.

1934
À Toulon, rôle majeur de FLANDRIN, ORSINI et BARTOLINI, très combatif, y compris physiquement, dans les actions et les progrès du Parti communiste et de l’Union locale CGTU réorganisée avec NICOLINI.
Les journées antifascistes de Février-Mars :
8 février : grève unitaire à Toulon et dans de nombreuses communes.
le 11 février, meeting du comité de vigilance républicaine à La Seyne, avec CRESP. Inauguration du monument à Martin Bidouré à Barjols.
12 février, grève unitaire et meeting unitaire à Toulon (Castigneau) avec les camarades cités ci-dessus. Rassemblements antifascistes dans de nombreuses communes. FOUCARD parle au Muy et à Saint-Raphaël. TURLE préside à Carnoules. ROUX à la tête du mouvement à Cotignac. Un comité antifasciste )à Brignoles mais des réserves de GAOU sur l’attitude des socialistes.
21 mars - manifestation unitaire contre l’Action Française à Hyères.
25 mars, manifestation antifasciste contre Ibarnegaray à Toulon, ORSINI et BARTOLINI malmenés par la police, BARTOLINI inculpé, protestations de toutes les organisations de gauche.
Les accords unitaires :
Avril : constitution d’un comité unitaire antifasciste à Toulon.
1er mai de combat. FLANDRIN au meeting de La Seyne, DINÉ à Toulon, Hyères, Solliès-Pont et Brignoles.
À l’occasion d’une élection municipale complémentaire au Beausset, victoire d’une liste “républicaine-socialiste” qui comprend le communiste MARI. L’élection de MARI dans le fief de Renaudel (parti socialiste de France) a un retentissement départemental.
20 juin, BARTOLINI, FLANDRIN, ORSINI signent, au nom du Parti communiste l’accord avec la section socialiste SFIO de Toulon pour des actions communes contre le fascisme et contre les conséquences de la politique économique et financière.
Pedant tout l’été, nombreuses réunions publiques communes avec la SFIO, avec notamment BARTOLINI et FLANDRIN dans la région toulonnaise, FOUCARD dans l’Est varois.
Grands progrès de l’organisation communiste dans cette phase unitaire. Par exemple, essor de la cellule de Claviers, avec vingt-trois militants, des cultivateurs surtout.
GIOVANNINI, soudeur aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, syndiqué au faible syndicat CGTU, adhère au Parti communiste. De même J.CORROTI (arsenal).
Au plan syndical, l’unité d’action contre le fascisme et les décrets-lois entraîne à l’arsenal de Toulon des progrès de la CGTU et de nombreux meetings avec la CGT, avec la constitution d’un comité d’unité d’action. BARTOLINI avec sa " voix de stentor " y représente la CGTU, désormais majoritaire à l’arsenal.
Les élections cantonales (C.G) et au conseil d’arrondissement (C.A) (7 et 14 octobre) et leurs conséquences :
Progrès communistes au premier tour. Le désistement communiste au second tour assure la victoire de candidats SFIO sur ceux du Parti socialiste de France et sur la droite. Ainsi à Toulon 1er canton (ouest) avec le désistement de BARTOLINI, à Cotignac avec le désistement de ROUX (C.A), à La Seyne avec le désistement de CRESP, fêté après l’élection (C.G) par les socialistes au Cercle des Travailleurs. Inversement, à Saint-Tropez, la SFIO ne présente pas de candidat et appelle à votrer SEILLON dès le premier tour (C.G). Soutenu par le maire socialiste de La Cadière et la SFIO, MARI, “candidat de l’unité antifasciste”, frôle l’élection (C.A). Dans le canton de Besse, MAGNE, présent au second tour (C.A) comme “candidat de la discipline et de l’unité d’action” est élu grâce au désistement SFIO. À Carnoules, TURLE est élu de justesse (C.A) grâce au soutien SFIO.
Confusion au Luc où BARBARROUX, ex-communiste puis réintégré à Marseille, s’impose en passant à la SFIO.
À Brignoles, GAOU, en tête au premier tour, est élu (C.G) contre le maire “socialiste indépendant” et la droite, grâce au désistement de la SFIO. Le maire démissionne. En novembre GAOU mène une liste unitaire dès le premier tour, qui est battue de justesse : son seul élu est un socialiste. F.Billoux critique cette tactique et demande aux communistes varois d’agir “pour l’unité d’action sans confusion politique”. Pour l’élection du président du conseil général, GAOU vote “Thaelmann”. Mais le 17 octobre il présente avec 6 conseillers SFIO une motion se félicitant de la victoire “des ouvriers et paysans du Var rouge” et demandant la dissolution des ligues fascistes.
L’élection municipale partielle de Toulon (28 octobre, 5 novembre) :
10 sièges à pouvoir, suite à la démission en août de co-listiers du maire Escartefigue pour protester contre les projets d’urbanisme. Débats à gauche : listes séparées au 1er tour et fusion au second, ou liste commune dès le 1er tour ? Le PC choisit la 1ère solution, vers laquelle penchent beaucoup de socialistes toulonnais. Mais les dirigeants SFIO refusent une liste commune, décident de ne pas présenter de candidats. Un électeur sur cinq vote. La liste communiste, avec à sa tête BARTOLINI, élue au second tour.
Les élus communistes sont présentés comme des repoussoirs par la presse locale (ils chantent L’Internationale, scandent “Les Soviets partout”), mais ils s’imposent rapidement par leur compétence.

1935
5 Mai - élections municipales. Accord départemental de désistement PC - SFIO qui assure le succès de nombreuses listes socialistes (sur le Parti socialiste de France et la droite), notamment à Brignoles, La Seyne, mais aussi le succès de quelques listes communistes :
TURLE réélu maire à Carnoules sur la liste du " Bloc ouvrier et paysan et d’unité d’action antifasciste ", sans adversaires. Maires communistes élus sur des listes d’union : Le Beausset (MARI), Flayosc (HONORAT), Tourves (RECOUS), bientôt Puget-Ville (RAVEL) et pour un temps Sillans la Cascade.
Apparition de conseillers municipaux communistes : Carcès (ROUX), La Cadière (Arthur JANSOULIN), Saint-Tropez (SEILLON), Villecroze (ESPITALIER), etc. Cf le rôle de FOUCARD au Muy (réalisations culturelles, “jardin ouvrier et paysan”).
La première retombée électorale de cette politique unitaire est l’élection de BARTOLINI après le décès de Renaudel, député de la 2e circonscription de Toulon (BARTOLINI y était candidat en 1932). Les socialistes sont divisés entre Parti socialiste de France (celui de Renaudel) et SFIO. Mémorable contradiction de BARTOLINI à DEAT (Ollioules, cf. Le Petit Var, 26 mai). Le 23 juin, Bartolini arrivait en tête avec 3 244 voix (1090 en 1932) sur 19 638 inscrits. Campagne unitaire pour le second tour : contre le candidat de droite, BARTOLINI élu avec 7559 voix, soit la totalité des voix SFIO et une grande part de celles du PSDF. Il est le premier élu national du Front Populaire.
30 mars : protestation contre la récente expulsion de Nord-Africains.
aout : événements sanglants de Toulon, lors des journées de protestation contre les décrets-lois. FLANDRIN condamné le 13 août à 2 mois de prison pour avoir jeté des pierres sur la police.
Pendant toute cette année de réunification syndicale (effective à la fin de l’année), intense activité syndicale de Édouard et Esprit ARMANDO, Léon MARY à La Seyne, BARTOLINI, NICOLINI, ORSINI, REVEST, SEILLON à Toulon, par ailleurs dirigeants communistes très actifs dans les campagnes électorales, les tournées de propagande et l’organisation du parti.
BARTOLINI se fait à la chambre des députés le défenseur des ouvriers des arsenaux et des dockers.
Au Conseil général, le seul élu communiste, GAOU, dont l’activité est intense, se fait le défenseur des petits viticulteurs et des mineurs de bauxite.
Importante activité du parti et de la Confédération Générale des Paysans Travailleurs, avec BONIFAY, V.ÉTIENNE, MAGNE, TURLE.
Création du Comité de défense des petits vignerons du Var. Cf. rassemblement de Brignoles le 17 novembre 1935.
L’organisation locale du parti se renforce grâce à l’abondance de réunions publiques et à la visite constante des responsables, notamment BARTOLINI, V.ETIENNE, GAOU, les tournées de propagande avec films soviétiques (cf. le rôle de Marie BAGARRY, Les Arcs et Carnoules). Nombreuses adhésions, BARDIN à La Seyne.

1936
Janvier : élection partielle conseil d’arrondissement du canton d’Aups : ESPITALIER élu candidat du Front populaire au second tour.
Magnifique percée électorale lors des législatives (26 avril, 3 mars) : BARTOLINI obtient 6416 voix au 1er tour (3244 en 1935) contre un SFIO et deux socialistes droitiers. Candidat du Front populaire au second tour, il est élu avec 9269 voix. Il continuera à défendre à la chambre les revendications des travailleurs des arsenaux et des ports.
GAOU arrive en tête au 1er tour avec 3 168 voix (1153 en 1932) et, candidat du Front Populaire au second tour, est élu avec 6500 voix.
À la chambre, il interviendra sur les questions concernant les commerçants, industriels et artisans, et défendra les intérêts des viticulteurs et des mineurs de bauxite.
Cf. les professions de foi de BARTOLINI (plus révolutionnaire et ouvrière) et GAOU (plus modérée et rurale) (Cahiers de l’Institut M. Thorez, 2e trimestre 1971). Très active campagne de FOUCARD et nets progrès dans la circonscription de Draguignan. Il semble qu’une fraude électorale du candidat SFIO l’ait privé de la victoire.
Très active campagne de DAUCROS et progrès dans la circonscription d’Hyères, durs affrontements avec les fascistes actifs à Hyères. Son désistement permet l’élection du SFIO.
Lors des grandes grèves de mai-juin, action syndicale des militants communistes COURET, MARI, MATTONE et GIOVANNINI aux chantiers de La Seyne. En octobre, BARDIN (responsable du CFH à La Seyne) licencié des chantiers pour militantisme. Il travaille ensuite chez Doyen au Pont du Las avec SEILLON, CANEBIER et les frères ARMANDO.
Nombreuses adhésions, par exemple JEAN à La Verdière.
J.CORROTI développe la FSGT.

1937
BARTOLINI secrétaire adjoint de la nouvelle région communiste du Var (congrès inaugural à La Seyne, le 14 février) participe à toutes les grandes manifestations communistes et antifascistes dans le Sud-Est et préside aux obsèques de Rossi, assassiné par les fascistes à Cannes en avril.
Le soutien à l’Espagne républicaine : les communistes varois dans les brigades internationales (LOVERA), la mission de BARTOLINI en Espagne, les collectes, le secours rouge, l’accueil aux réfugiés.
Deux nouveaux conseillers généraux communistes (17 et 24 octobre) : MARI au Beausset et TURLE (Carnoules) dans le canton de Cuers.
Au Conseil général, la fraction communiste défend les revendications des salariés, paysans et artisans, et demande une aide accrue à la République espagnole. De même que l’ex-communiste BARBARROUX, ils refusent que le déficit de la Compagnie des chemins de fer de Provence soit comblé par le Conseil général.
La gestion municipale n’est pas aisée. TURLE aide les nouveaux maires. Une adhésion proclamatoire au communisme, comme à Flayosc où les procès-verbaux emploient l’expression “camarade maire”. Mais tensions parfois entre cellules locales et municipalités.
Ainsi à Carnoules, BAGARRY (secrétaire de la section) et son épouse reprochent à TURLE une gestion autonome par rapport au parti.
Premières fissures dans l’union du Front populaire :
tensions au sein de la CGT où les militants communistes COURET (secrétaire du syndicat des des chantiers, licencié en 1937 avec 8 autres électriciens), FLANDRIN, MATTONE, MARY (licencié des chantiers en 1937), SEILLON, THOMAZO, déplorent l’esprit de tendances des anciens de la CGT et défendent des positions de classe. 
 tensions avec le parti SFIO : les désistements fonctionnent correctement,mais des conflits avec les communistes éclatent dans la gestion municipale, ainsi à Carcès.

1938
Grande activité politique de BARTOLINI et GAOU
Lutte contre les décrets-lois fin 38.
Nombreusessanctionsà l’arsenal contre militants après la grève du 30 novembre : trois mois de réduction de salaire et un jour de mise à pied pour NICOLINI. Retenue de traitement de 8 jours pour les rares instituteurs grévistes, dont FOUCARD. Répression chez les cheminots. BOULINEAU révoqué, puis réintégré deux mois après mais muté en Corrèze. Aux chantiers de La Seyne où la grève du 30, dirigée par MARY, s’est poursuivie en occupation, 141 licenciements, que la protestation réduit à 41, dont GIOVANNINI, MATTONE.
Dans le lourd climat créé par Munich, accueil des Brigadistes retour d’Espagne (Toulon, 31 décembre).
BONIFAY très actif sur problèmes paysans, apporte la contradiction à Dorgères invité par les syndicats des horticulteurs d’Ollioules. Comité paysan, créé le 26 juin, lors du rassemblement paysan de Brignoles à l’appel du parti communiste et de la CGPT, où ROUX (Carcès) et V.ÉTIENNE jouent un grand rôle.

René Merle - Chronologie pour servir à l’histoire du P.C.F dans le Var - 1939-1944

Dans les premiers mois de 1939, le parti poursuit son activité en fonction des analyses et des orientations de 1938. Mais l’isolement, créé fin 1938 par l’adhésion des autres partis du Front Populaire à l’accord de Munich, s’accroit. Cet isolement est à son comble avec la signature du pacte germano-soviétique, fin août 1939. La guerre éclate début septembre.
Même si le noyau dirigeant l’accepte et le justifie, le pacte a créé un grand trouble parmi les militants, d’autant que les possibilités d’explication publique sont des plus réduites :
Ainsi à La Seyne, le 1er septembre, ARMANDO, COURET et MARY sont arrêtés pour distribution d’un tract (article d’Aragon dans Ce Soir, sur le pacte).
Ainsi à Saint-Tropez, le 4 septembre, THOMAZO est arrêté alors qu’il colle des affiches expliquant la politique de l’U.R.S.S. Mobilisé le lendemain, il est inculpé par le juge d’instruction du Tribunal maritime de " provocation à la désobéissance, d’entrave à la mobilisation générale et de complot contre la sûreté de l’Etat ".
Le pacte est le prétexte de la répression anticommuniste qui frappe un parti déjà désorganisé par la mobilisation de la plupart des militants, la direction demeurant assurée par les plus agés, comme FLANDRIN.
Le pacte est désavoué par les maires de Le Beausset, Carnoules, Flayosc, Puget-Ville, Tourves et des élus responsables comme ESPITALIER, etc. En octobre, dissolution des organisations communistes, arrestation des députés communistes du Groupe ouvrier et paysan français. dont les deux Varois, BARTOLINI et GAOU, suspension ou dissolution des municipalités communistes, révocation des conseillers municipaux communistes. Perquisitions chez les militants. Licenciement de certains militants, comme Victor ÉTIENNE aux Coopérateurs du Midi, à La Seyne. Déplacements d’enseignants, comme FOUCARD. Les communistes doivent abandonner leurs responsabilités syndicales.
Novembre : dans le cadre du décret du 18 novembre 1939 " relatif aux mesures à prendre à l’égard des individus dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ", le préfet du Var dresse la liste de trente " individus dangereux pour la défense nationale à interner au centre de surveillance de Saint Maximin ", dont ARMANDO, COLLE Raoul, COLLIN, CRESP, DAUCROS, ÉTIENNE, FLANDRIN, GARINO, GOUTIER, GUIOL, JOUBERT, LAVEZZI, NICOLINI... L’internement est reporté mais tous ces camarades sont étroitement surveillés.
Fin novembre, suite à leurs actions au moment du pacte, plusieurs militants, dont ARMANDO, THOMAZO, sont emprisonnés au Fort Saint-Nicolas à Marseille. ARMANDO est condamné par le Tribunal militaire de Marseille à dix-neuf mois de prison (prison centrale de Nîmes) .
En janvier 1940, pour propagande communiste, LAVEZZI est condamné à 18 mois de prison avec sursis, BACELON à 3 ans de prison ferme, ORSINI à 18 mois de prison ferme. En février, pour la même raison, arrestation de LOVERA.
Une deuxième vague de répression au printemps 1940, alors que se déroule le procès des députés communistes (5 février au 3 avril, troisième tribunal militaire permanent de Paris) : comme les autres députés, BARTOLINI ET GAOU sont condamnés à cinq ans de prison, à 4 000 francs d’amende et à la perte des droits civils et politiques.
Fin avril et début mars, le préfet fait interner plusieurs militants varois, dont NICOLINI, " individus dangereux pour la sécurité publique et la défense nationale " à Saint-Maximin. La plupart sont transférés de mars à juin au camp d’internement de Chabanet (Ardèche), dont COLLE Raoul, COLLIN, CRESP, DAUCROS, FLANDRIN, GOUTIER, GUIOL, JOUBERT, NICOLINI...
Interrogé depuis mars par la police, V.ÉTIENNE est arrêté à La Seyne le 21 juin.
Pétain reçoit les pleins pouvoirs fin juin. Une autre période commence, mais le parti est déjà dans la clandestinité.
La Résistance sous l’État français et l’occupation nazie. 1940-1944
Il n’est évidemment pas possible de citer l’ensemble des communistes engagés dans l’activité du parti dans cette période. Les noms proposés ci-dessous ne sont donc en rien exhaustifs, et chacun les complètera.
Cf. Bibliographie donnée dans l’article précédent.
Première vague de répression
Dès avant l’avènement de l’État français, en juin 1940, la répression s’est abattue sur les communistes du Var : peu d’arrestations avant le printemps 1940, mais une surveillance généralisée des 3000 adhérents, dont la moitié sont dans la région toulonnaise, accompagnée d’une terrible campagne officielle anticommuniste, appuyée par les dirigeants réformistes de la CGT. Au printemps 1940, durcissement de la répression : éloignements, mobilisations en compagnie spéciale (au Chaffault, Basses-Alpes), nombreux internements. Pour autant, l’organisation communiste continue.
Dans la foulée, première vague de répression pétainiste, de l’été 1940 à la fin 1940, avec les mêmes autorités préfectorales et maritimes : La direction clandestine (FLANDRIN, LAVEZZI, CRESP), décapitée au printemps 1940, se réorganise dans l’été 1940 avec SEILLON, dirigeant régional, Le contact avec la région marseillaise est assuré par des cheminots des Arcs et de Carnoules.
Répression immédiate : arrestation dans l’été 1940 de démobilisés, qui sont internés au centre de Chabanet, Ardèche (par exemple à Saint Tropez : CODOU, ancien des Brigades internationales, ouvrier aux torpilles,THOMAZO). : SEILLON est arrêté en septembre avec F.REVEST. Mais il avait préparé une direction de rechange : [Esprit ARMANDO, Baptistin ÉTIENNE, H.LAMBERT (instituteur à Ollioules)] qui organise la publication et la diffusion de tracts et de L’Humanité du Var. À La Seyne, avec Alexandre LONG (arsenal) et d’autres camarades qui diffusent ce matériel, MARY et GIOVANNINI démobilisés, entrent au trio de direction de la ville et confectionnent du matériel de propagande en direction des chantiers.
MACARIO (Cogolin), cultivateur, ancien des Brigades internationales, contribue à partir d’octobre 1940 à la reconstitution du Parti communiste dans la région des Maures, et installe une imprimerie dans la forêt du Dom.
Le pouvoir réagit :
octobre 1940 : licenciements massifs de militants syndicaux et communistes dans les administrations et à l’arsenal. FOUCARD suspendu de l’enseignement le 1er décembre 1940.
Vague d’internements (plus de 100) en octobre-novembre 1940. Esprit ARMANDO est arrêté le 22 novembre 1940. En novembre, arrestation à La Seyne de LONG, MARY et GIOVANNINI, qui sont internés.
La police surveille étroitement ÉTIENNE et LAMBERT pour essayer de capturer tout le réseau. Marcel DURAND, qui vient d’être licencié de l’arsenal, remplace ARMANDO à la direction clandestine.
Deuxième vague de répression, début 1941.
Dans l’hiver 1940-41, l’organisation clandestine compte sur 200 militants sûrs dont 50 J.C. Ce sont en grande majorité des ouvriers.
Localisation : un fort noyau à Toulon - La Seyne (FASANO, à La Seyne ouvrier, qui a adhéré en novembre 39, en pleine agression anticommuniste !). Quelques-uns sont regroupé dans la région de Barjols par BARDIN (La Seyne) s’est réfugié dans la famille de son épouse et travaille comme bûcheron. Un noyau également entre Hyères et Saint-Tropez.
La propagande continue par tracts et quelques journaux. Hésitations sur la tactique : “entrisme” dans organisations officielles, notamment la Légion, pour gagner les masses ? L’entrisme dans les syndicats officiels (sans influence réelle), tenus par d’anciens réformistes de la CGT, s’avère impossible : les communistes ou sympathisants sont trop surveillés et interdits de fonction.
En janvier 1941, le groupe des J.C toulonnais est démantelé ; 22 arrestations pour " participation à une entreprise de démoralisation de l’armée et de la Nation " , dont le jeune DUSSERRE (arsenal), petit-fils du vieux communiste CORDERO. Le jeune BASILI meurt de mauvais traitements à la prison maritime.
La direction clandestine est brisée : DURAND arrêté en janvier, ÉTIENNE et LAMBERT arrêtés en avril. L’instituteur Louis BOYER arrêté à Saint-Tropez. Début 1941 toujours : nouveaux licenciements massifs de militants à l’arsenal et internements (André CONSTANT, La Seyne).
C’est donc une grande partie des militants communistes d’avant 1939 qui sont mis hors circuit par l’internement ou la prison.
L’énorme potentiel militant des camarades internés est provisoirement stérilisé. Les internés de Chibron (Var) et Chabanet (Ardêche) sont transférés dans différents camps de la zone Sud (Hte Vienne, Isère, Tarn, etc) ou d’Algérie, où la plupart demeureront jusqu’en 1942 ou 1943. Certains seront libérés et placés en éloignement (Louis REY, RICHAUD patron pêcheur de Saint Tropez, FOUCARD, COURET, NICOLINI) ou pourront revenir dans le Var, d’autres seront directement déportés, comme DAUCROS et Jean-Baptiste IVALDI (ajusteur à La Seyne, mort en déportation), SEILLON (mort à Buchenwald), d’autres s’évaderont (PHILIP).
Juillet 1941 : devant le tribunal maritime de Toulon, procès du groupe arrêté en janvier Le destin des principaux condamnés sera tragique : LAMBERT condamné à 20 ans de travaux forcés ( > centrale d’Eysses en 1943-44, déportation à Dachau), Esprit ARMANDO condamné à 10 ans de travaux forcés et la déchéance de la nationalité française (il était fils d’Italien) (> centrale d’Eysses puis déportation à Neuengamme où il mourra), DUSSERRE condamné à 5 ans de travaux forcés (> centrale d’Eysses, déportation à Mathausen où il mourra), CANEBIER, condamné à 5 ans de travaux forcés ( > centrale d’Eysse et déportation à Dachau), DURAND condamné à cinq ans de travaux forcés (> centrale d’Eysse puis déportation à Dachau).
Ainsi, dans l’été 1941, l’organisation et la propagande communiste sont provisoirement brisées, mais pas anéanties : ainsi adhésion des instituteurs Marius AUTRAN et Toussaint MERLE à La Seyne. H.BOURGUIGNON, instituteur à Besse, est déplacé à Callian, en octobre 1941 où il prend des contacts organisationnels.
La relève.
L’espoir renaît à l’automne 1941 avec l’entrée en guerre de l’URSS. La relève va venir de ceux qui n’ont pas été inquiétés encore et surtout de jeunes non connus par la police.
Début de l’organisation des communistes italiens dans le Var, avec PAJETTA. RIGON, secrétaire de cellule, licencié de l’Arsenal en 1940, est chargé de constituer le Front national dans le département : par l’intermédiaire de BARRAT et de CANTAGREL (La Garde), contact avec Zunino, ancien député socialiste SFIO qui avait voté contre la délégation de pouvoirs à Pétain en juillet 1940. Création du Front national varois à La Londe le 26 septembre 1941.
En novembre-décembre 1941, reprise de la diffusion de la presse communiste et des tracts, particulièrement à l’arsenal.
L’organisation clandestine du parti, reconstituée, compte au printemps 1942 sur une centaine de militants :
- nombreux dans la région de Toulon (Félix GRIMAUD, cultivateur épicier à Évenos, BARRAT à La Garde).
- quelques-uns dans le Haut-Var où BARDIN est au coeur de la réorganisation du Parti clandestin à Barjols, Aups, Salernes, Brignoles.
- nombreux entre Hyères et Saint-Tropez, avec BERRE à Hyères et GRANGEON à Saint-Tropez.
Leurs actions de propagande et de recrutement :
- Diffusion de Lou Travailladou, journal de la section communiste Hyères-St Tropez. ORLA, maçon, arrêté en avril 1942 pour diffusion du journal à Saint Tropez, un an de prison. GRANGEON, organisateur du Front National à Saint-Tropez, est “grillé” en 1942 et part pour le Jura (il mourra en déportation à Mathausen). Son épouse Marie, ses deux frères, son fils furent des résistants actifs. NÉGRO, gazier, libéré du centre d’internement en 1941, devient responsable du parti clandestin à Saint Tropez en remplacement de GRANGEON.
- À Toulon, le groupe communiste, des jeunes surtout, est démantelé en mars 1942. Jean BOEUF, (licencié de l’arsenal devenu commerçant) condamné à 3 ans de prison en mai 42 (> centrale d’Eysse, puis déportation). Mais l’activité continue autour de BARRAT (tracts, journaux clandestins, propagande, recrutement). DURANDO, cheminot, reconstitue le parti en gare de Toulon. Avec Irène BOEUF, manifestations de femmes et mouvements de solidarité pour assurer le ravitaillement des emprisonnés.
- À La Seyne, la maison de Louis et Louise VINCENT (retraité arsenal) est une plaque tournante de la résistance. Rôle des jeunes filles dans la Résistance : Josette VINCENT. MERLE constitue, avec AUTRAN et d’autres militants, le groupe du Front national et devient le responsable du secteur seynois du Parti.
Cette force militante communiste, essentielle dans la résistance qui s’organise, rencontre au printemps 1942 le mécontentement populaire (ravitaillement, vie chère, maigres salaires) : manifestations de ménagères comme à Tourves, et du 24 au 27 mars 1942, grève dans le bassin de bauxite pour le ravitaillement (mouvement spontané, mais avec participation communiste dans le déclenchement, des militants italiens notamment, et tracts communistes de soutien).
Fin 1941 début 1942, des premiers contacts avaient au lieu à l’arsenal entre communistes ex CGTU et des anciens de la CGT (dont SAULI, socialiste qui a approuvé la répression anticommuniste en 1939) pour une reconstitution clandestine du syndicat. Fin 1942, création du comité d’unité syndicale animé par des communistes anciens unitaires, dont MOUSKA (responsable communiste et syndical avant guerre), où SAULI représente les anciens confédérés. MOUSKA mandaté par le parti pour adhérer à l’organisation syndicale reconnue par la Charte du Travail. BESSONE (arsenal) adhère au parti fin 42. Il va en devenir un élément majeur.
Parallèlement, le parti initie en 1942 les premières actions de sabotages et de combats, avec la naissance des embryons des FTP au début 1942 :
À Toulon, sabotages à l’arsenal avec HERAT, dirigeant du syndicat clandestin. Le groupe BARRAT de l’Est toulonnais est intégré dans les FTPF en septembre 1942. 
 Les communistes sont à l’origine en 1942 des premiers sabotages ferroviaires des cheminots de Carnoules (POLGE libéré du camp d’internement) et des Arcs.
Dans les Maures, MACARIO, un des initiateurs des FTPF, très actif dans sabotages, planques des illégaux, protection des agents de renseignements, etc. Rencontre avec BERTOLINO (garçon de café, Toulon, syndicaliste et communiste), évadé du camp d’internement, réfugié avec d’autres militants comme charbonnier aux Mayons.
Dans l’été, en liaison avec les communistes italiens, naissance de la MOI varoise. 
 À l’automne, le STO et l’occupation allemande suscitent une première vague de réfractaires. Embryon de maquis dans le Haut Var : André BATTAGLIA, (peintre en bâtiment) après avoir réorganisé le PC à Sainte Maxime, le rejoint fin 1942. POURRET, cultivateur à Aups et pionnier du communisme, est un des animateurs de la résistance dans la zone.
Le rôle de MANGUINE Edgar, ex Brigades internationales, dirigeant l’OS du Var, fait partie des réseaux d’information clandestins soviétiques, en liaison avec L. Trepper.
1943
BARTOLINI et GAOU libérés le 5 février 1943 en Algérie. BARTOLINI représentera la direction du Parti communiste dans l’île jusqu’en septembre 1944.
L’activité des communistes varois se mène sur deux fronts : la propagande pour susciter l’action de masse dans les localités, et le développement de la résistance armée FTPF.
La propagande et l’action publique :
Un peu partout, reconstitution du parti clandestin, malgré la répression : CARLI (Ollioules), ex-Brigades internationales, arrêté à Ollioules en janvier 1943, déporté à Dachau où il meurt.
À La Seyne, le parti clandestin (MERLE responsable, avec des “anciens” comme MONACO), publie son journal communiste L’Echo seynois. AUTRAN est responsable de la section locale du Front national.
POTHIER devient responsable de la presse clandestine.
RIGON, un des dirigeants de la résistance communiste à Toulon et dans le Var, est responsable à partir d’octobre 1943, du journal départemental du Front national la Provence libre.
Le mécontentement grandit contre les conditions de vie. Par exemple, 1er avril 1943, manifestation de ménagères d’Hyères avec Célestine DAUCROS.
L’événement majeur est l’investissement des syndicats officiels de l’arsenal et des chantiers de La Seyne en vue de l’action revendicative et de la lutte de libération nationale.
Début 43, des tracts communistes signés “Comité populaire des arsenaux”, préparent la reprise de l’action après deux ans de résignation ouvrière liée à la répression et à la peur.
Les militants communistes clandestins notamment Jean SEINE (venu de la région stéphanoise), membre du triangle de direction du PC varois, vont permettre l’organisation de cette action syndicale de masse. Le noyau clandestin aux Chantiers et à l’arsenal contacte depuis la fin 1942 des salariés, soit pour passer aux maquis FTP, soit pour passer aux FTP “légaux”, c’est à dire agissant sans passer à la clandestinité complète. Désormais ils suscitent aussi des responsables aux comités d’unité syndicale, avec des jeunes adhérents (PUCCINI aux Chantiers, adhérent en février 1943, BESSONE à l’arsenal) et d’anciens confédérés désormais proches du PC, comme SAULI. Dans l’été 1943 ces comités publient La Voix des Chantiers à La Seyne, et La Cloche à l’arsenal (BESSONE). L’objectif est de s’emparer des directions syndicales officielles par la syndicalisation massive et l’action pour les revendications.
Le 29 septembre 1943, première A.G massive aux Chantiers. Le 9 novembre, A.G à l’arsenal, le 10 arrêt de travail et manifestation à La Seyne, le 11 mouvements à l’arsenal. Conjonction de l’action revendicative (salaires, ravitaillement) et aspect patriotique de la journée du 11 novembre. La direction syndicale est prise à La Seyne avec TRAVERSA.
Le triangle de direction de l’UD-CGT : BARRA (Toulon, ouvrier boulanger, responsable communiste avant guerre), BESSONE (au coeur de toutes les activités de résistance de l’arsenal et des entreprises), VIDAL.
Le début des bombardements fin 1943 va considérablement gêner cette action revendicative et politique.
Le développement des FTPF :
Mars 1943 : naissance aux Mayons, autour du groupe des charbonniers, et dans les forêts de Sainte Maxime. (MACARIO) du maquis des Maures. GIOVANNINI évadé d’un camp de travail su l’Atlantique, entre en contact avec le maquis par l’intermédiaire de MERLE et de BARDIN, il le rejoint le 3 mai à Ste Maxime. Le lendemain, il était arrêté par des gendarmes français, avec le groupe de huit autres Résistants. Parmi eux Victorin LAUGIER, (métallo à Saint Tropez, qui avait été libéré du camp d’internement fin 42, il mourra en déportation).
Le maquis se regroupe alors sur les Mayons. BERTOLINO est le premier responsable militaire. Avec lui quelques “anciens” comme MACARIO, OCELLI, cheminot révoqué, ex-élu de Carnoules, et surtout des jeunes comme DIANA, (arsenal), BATTAGLIA. Le maquis mène de nombreuses actions de Toulon à Saint-Raphaël.
BERTOLINO devient responsable inter-régional FTP en octobre 1943, il est arrêté le 16 novembre 1943 vers Gonfaron par les Allemands. Il pourra en déportation à Mathausen.
Développement des maquis FTP dans le Centre et le Haut-Var : À Claviers, Victor AUDIBERT, ouvrier agricole, libéré du camp d’internement en 1942, réorganise le Parti communiste clandestin dans le canton de Callas et dirigera un important maquis.
Groupe FTPF-MOI dans la région de Brignoles - 26 mars 1943, sabotage de la mine de Merlançon - MOZZONE (ouvrier lignes PTT, révoqué en 1940), prend part à la reconstitution du parti et constitue un groupe de réception d’armes par parachutage. H.COLOMBET Henri, employé de banque, interné libéré en 1941, adhère au parti dans la Résistance.
Groupe FFI - FTP de Saint-Maximin (Marcel AUBERT, agriculteur, Nans, Elie VERLAQUE, cultivateur) : la maison de HUGOU est un centre de résistance. GIOVANNINI s’évade de la prison de Draguignan le 13 décembre 1943 et gagne le maquis de la région de Brue-Auriac Saint-Maximin.
ROUX (Carcès) qui s’est caché et travaille dans les forêts participe à la Résistance. De même PHILIP à Aups, ESPITALIER à Villecroze. Contacts d’HONORAT avec les FTP de la région de Flayosc. Baptistin REVEST (arsenal), SFIO, arrêté en juillet 1943, puis libéré, se réfugie à Cabasse, commune d’origine de son épouse, participe aux activités FTPF et adhère au Parti communiste. LUCIANO anime le Front national et le Parti communiste clandestin à Draguignan.
Le rôle des cheminots : Outre les sabotages et les renseignements, actions avec FTP du secteur. PASTORELLO Andéol, ex-secrétaire du syndicat CGT des ouvriers pâtissiers, confiseurs de Toulon et du Var, entré à la Compagnie du PLM à Pignans (Var) est agent de liaison FTPF. COLLE Gabriel, révoqué des chemins de fer, participe aux actions FTP des cheminots de Carnoules. POLGE (FTP et réseau Résistance-Fer) participe à diverses actions (ravitaillement de maquis, service B, convoyeur, coups de main).
Dès le début 1943, ce développement des FTP implique une intendance et une protection, un service de renseignements, des auxiliaires. Dans ces domaines, grand rôle de FASANO, qui échappe à la police et part sur Marseille, et de BARRAT, rsponsables généraux. Nombreux contacts communistes locaux permettant aux maquis de fonctionner (possession de véhicules, possibilités de ravitaillement et d’hébergement, renseignements et sécurité, etc). Ainsi à Carces, Louis FERAUD, ex SFIO, agriculteur, garagiste, pour le maquis d’Aups. À Saint Maximin, Paul BERTIN, viticulteur, (un des fondateurs du parti avant guerre, responsable paysan avant 39), pour le maquis de Saint-Martin des Paillères, et les autres maquis de la région, et Eugène ARNÉODO Eugène, (ex chantiers de La Seyne), gérant du magasin Casino de Saint-Maximin pour le ravitaillement des maquis de la région en relation avec la direction régionale du parti.
1944
Grand développement de l’action de masse et de la lutte armée, malgré l’intensification des bombardements et l’évacuation d’une partie de la population dans la région de Toulon.
Les communistes impulsent à l’action de masse. Grèves des Chantiers en mars. Manifestations importantes le 1er mai et le 14 juillet dans plusieurs localités : notamment 4 à 5000 à Hyères, 500 à Saint Tropez. Symbolique du monument à Martin Bidouré à Barjols.
Développement de l’action combattante :
Nombreuses actions du groupe MOI de la région de Toulon (dont des Bulgares, Italiens, Espagnols, Roumains).
Massacre de Signes au début de l’année.
Février - mars 44 : le FN du Golfe constitue une organisation militaire autonome, la Brigade des Maures, à dominante FTP, et un comité local de libération intercommunal. La Brigade consitue 3 maquis dans l’attente du débarquement : Cogolin, La Mourre, Sainte Maxime.
Constitution des “maquis de la seconde génération” : Camp Robert, à Aups. DIANA responsable de ce qui était devenu la 1re compagnie FTPF de Provence. Paul RAYBAUD médecin du maquis.
Avec le débarquement de Normandie, afflux massif de jeunes vers les maquis. Différence de stratégie entre maquis FTP, à effectifs volontairement limités et plus mobiles, et les autres maquis, plus concentrés et statiques, dont les pertes sont très lourdes. Dans cette phase terrible (combats et tragédies de juin dans le Haut-Var et au sud des Basses-Alpes), le groupe MOI de Toulon s’est replié sur le centre Var. Un groupe FTP demeure en ville, renforcé par groupe aixois : ils tiendront le lycée et plusieurs points dans l’insurrection toulonnaise de la Libération, pendant laquelle le domicile de RIGON sert de poste de commandement des forces de résistance.
Outre les noms cités précédemment, quelques noms dans le longmartyrologe des résistants communistes en 1943-1944. La liste n’est hélas pas limitative. Chacun pourra la compléter.
Joseph BATTAGLIA, facteur à Toulon, arrêté en mars 1944, mort en déportation. Marcel BATTAGLIA, employé des PTT, tué dans une embuscade à Barrême (Basses-Alpes), en mars 1944. Paul BATTAGLIA, tailleur, fusillé par les Allemands à Signes (Var), le 2 janvier 1944. BERRE Eugène, Hyères, ouvrier menuisier, arrêté au début de 1944, déporté au camp de Neuengamme. Le bateau qui transportait les déportés libérés en Suède fut torpillé le 3 mai 1945. La cellule communiste des Salins d’Hyères porte son nom. BIAGINI Martino, journalier agricole à Aups (Var), communiste, maquis d’Aups, fusillé. BOGLIO Joseph, dit Spartacus, artisan au Lavandou, un des principaux communistes de la commune, mort en déportation. BOURGUIGNON (Callian) mort en déportation. CASTAGNOLI Clément, contre-maître-mineur à Gonfaron (Var), arrêté le 8 février 1944 avec sa femme et son fils pour aide au maquis des Maures, déporté à Dachau, mort peu après son retour en France MOZZONE arrêté avec ses fils, Louis et Eugène, et LINARI, en juillet 1944 par la Feldgendarmerie et le groupe Brandebourg. Après interrogatoires et tortures, fusillés dans la plaine de Vins sur les lieux d’un parachutage.
La place de la résistance est très importante dans les combats de la Libération et l’aide apportée aux troupes débarquées. BARRAT, intégré à l’état-major départemental des FTPF, est chef départemental des Milices patriotiques. MACARIO dirige le 15 août 1944, les combats pour la libération de Cogolin, il confie l’administration de la commune au comité local de Libération, et poursuit son action pour la libération d’Hyères et de Toulon.
Dès la Libération, le rôle des communistes dans la résistance est reconnu par leur place majeure dans les comités de Libération. locaux ou départemental et dans les délégations municipales aussitôt mises en place. Citons seulement, entre de très nombreux autres, à Aups, PHILIPS, POURRET, au Beausset MARI, à Carcès AUGUSTE et ROUX, à Carnoules COLLE Gabriel et POLGE, à Flayosc HONORAT, à Pignans PASTORELLO, à Saint-Maximin BERTIN (arrêté et torturé fin juin, avait refusé de parler et tenté de se suicider, évadé de l’hôpital de Draguignan grâce à la Résistance et au personnel), à Saint-Tropez NEGRO, à La Seyne AUTRAN, MARY, Louise VINCENT, à Solliès-Pont DURANDO, à Sollies-Toucas BACELON, à Toulon HERAT, MOUSKA, POTHIER, qui prend possession des locaux du Petit Var et devint directeur du quotidien des forces de la Résistance, la Liberté du Var, à Tourves COLLE Raoul, à Villecroze ESPITALIER, et au CDL, BESSONE, LUCIANO, RIGON...
À noter que de nombreux communistes varois participent en 1943-1944 dans la résistance d’autres régions : ARMANDO dans le Vaucluse et à Lyon, BANCEL dans le Puy-de-Dôme, CHARGNIOUX à Lyon, BRESSIER dans les B.d.Rh, Célestine DAUCROS dans la Drôme, FOUCARD dans la Creuse, GIOVANNINI dans les Basses-Alpes et à Nice, dont il fut le libérateur, MARY dans l’Isère, la Savoie, le Puy de Dôme et le Cantal, MATTONE dans la Drôme, MERLE en Haute-Savoie, F. REVEST dans la Drôme, V.ÉTIENNE dans la Drôme.
F. REVEST et V.ÉTIENNE, emprisonnés à la citadelle de Sisteron (Basses-Alpes), ont participé à l’évasion collective de juin 1944.
La plupart reviennent rapidement dans le Var où certains vont occuper des postes de responsabilité."

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