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1918 - A propos du 11 novembre

dimanche 11 novembre 2018, par René Merle

Des raisons de mon écœurement

En ce matin du 11 novembre, comme tant d’autres, je ne peux qu’exprimer mon écœurement.
Au terme d’une semaine commémorative dont le cynisme n’a eu d’égal que la malhonnêteté, et qui rassemble ce jour à Paris un brochette de chefs d’États parmi lesquels les pires fauteurs de guerre et criminels de guerre actuels, on peut se demander ce qu’un.e jeune citoyen.ne a pu comprendre sur les raisons de la guerre, sur sa conduite et sur ses résultats.
Silence sur les rivalités des impérialismes industriels et coloniaux.
Silence sur le cynisme des alliances (la République française alliée au terrible régime tzariste).
Silence sur le courage de ceux, qui à contre courant, dénoncèrent et refusèrent le conflit.
Hommage œcuménique aux soldats (tous les soldats) broyés par cette tragédie de cinq années, mais « en même temps » honneur à « NOS » chefs qui ont dirigé ce combat, et qui sont tous morts dans leur lit, eux, non sans avoir fait fusiller, « pour l’exemple », ceux qui refusaient l’absurdité et la cruauté de la guerre (et Pétain n’était qu’un parmi d’autres, que l’on absout un peu facilement).
Proclamation (à laquelle on ne peut qu’adhérer) de la nécessité de la Paix, et « en même temps », déplaçant au plan mondial la paix armée des nationalismes européens d’avant 1914, exigence d’une armée européenne garante de notre sécurité contre les autres blocs, et donc anticipatrice d’autres conflits...
Le tout sur fond d’électoralisme politicien franco-français, celui-là...

1 Message

  • A propos du 11 novembre Le 11 novembre 2018 à 17:05, par DUBOIS Jean Michel

    Monsieur Merle,

    Effectivement : la montée exponentielle du dégoût.
    Mais avec le « en même temps » tout est possible, surtout dire n’importe quoi.

    Respectueuses salutations

    DUBOIS Jean Michel

    P S : (…) Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons. Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque homme se trouve obligé de vivre dans le présent, le mot seul d’« avenir » lui figurant toutes les angoisses, livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie précipitée, séparé des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur. (…)
    Albert CAMUS, Texte original de la conférence donnée par Albert Camus au McMillin Theater de l’université de Columbia (New-York) le 28 mars 1946.

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