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Pottier, Mort de Blanqui

samedi 25 janvier 2020, par René Merle

Voici le poème que Pottier [1] écrivit trois jours après la mort de Blanqui, en 1881. Il est dédié au "général de la Commune", Eudes, militant blanquiste sous l’Empire et la Commune, qui après l’amnistie de 1880 aidait Blanqui dans la réalisation du journal Ni Dieu, ni Maître.
Le poème est publié dans Eugène Pottier, Chants révolutionnaires, Paris, Dentu, 1887
Rappelons que Blanqui, emprisonné la plus grande partie de sa vie par la Monarchie de Juillet, la Seconde République et le Second Empire, avait été arrêté par la République de Thiers, le 17 mars 1871, à la veille de la proclamation de la Commune de Paris, et qu’il croupira en prison jusqu’à sa libération sous la pression populaire en 1879.

A Eudes, membre de la Commune

Contre une classe sans entrailles,
Luttant pour le peuple sans pain,
Il eut, vivant, quatre murailles,
Mort, quatre planches de sapin !

La chambre mortuaire était au quatrième ;
Et la foule, à pas lents, gravissait l’escalier :
Le Paris du travail, en blouse d’atelier,
Des femmes, des enfants ; plus d’un visage blême.

Ce grand deuil prévalait sur le soin journalier
Du pain de la famille ; il eut, trois jours, la même
Affluence d’amis pour cet adieu suprême.
Moi, j’attendais mon tour, rêvant sur le palier.

Ce cœur qui ne bat plus battait pour une idée :
L’Égalité !... Gens sourds ! Terre, esclave ridée
Qui tourne dans ta cage ainsi que l’écureuil,

A présent qu’il est mort, tu l’entendras… peut-être !
Ce combattant, passant de la geôle au cercueil,
Du fond de son silence, il dit : Ni Dieu, ni maître !

Notes

[1Voir ce mot-clé, pour accéder aux articles concernant le courageux chansonnier révolutionnaire

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