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Anniversaire de la fameuse nuit du 4 août 1789 et de l’abolition des privilèges.

samedi 4 août 2018, par René Merle

Du sens de l’événement

Si l’anniversaire est assez discrètement célébré, la blogosphère progressiste regorge aujourd’hui d’appels à une nouvelle nuit du 4 août.
En oubliant parfois que sans l’irrésistible levée en masse du peuple paysan et artisan d’alors, les privilèges n’auraient pas été abolis. Mais où en est notre levée en masse ? Quel est le levier de cette nouvelle Révolution ?
Et en oubliant aussi parfois que si la mise à mort des privilèges signa la fin du système féodal, le généreux appel à une actuelle abolition des privilèges vise plus les "excès" du capitalisme financier que le système capitaliste lui-même...
"Liberté, égalité, propriété", la France d’août 1789, celle de l’abolition des privilèges et de la superbe proclamation des Droits de l’Homme, négatrice de toute entrave à la "liberté du commerce et du travail", interdisant corporations et "coalitions", ouvrait le champ à la libre initiative des individus, dans l’impitoyable déploiement du capitalisme naissant. La libre initiative des moutons et des loups.
On conçoit que cette France de 1789 corresponde plus aux aspirations de nos Belles Âmes "démocrates" libérales que celle de la France jacobine et montagnarde de 1793, qui vit ajouter, oh combien temporairement, à l’officielle devise "Liberté, Égalité" le troisième terme de "Fraternité", qui, allant au-delà d’une proclamation de l’égalité politique formelle des citoyens, n’impliquait pas seulement une proclamation éthique, mais une exigence concrète de démocratie pour tous, y compris de démocratie sociale... Au-delà de la vision d’une société "démocratique" fondée sur les droits individuels et la citoyenneté (bien relative : officielle distinction entre "citoyens actifs - citoyens passifs") pointait celle d’une société vraiment démocratique qui devait s’attaquer à la division en classes en n’ayant pas peur de mettre en cause la sacro sainte propriété...
Sans doute aujourd’hui faut-il choisir. Il ne s’agit pas de traiter par dessous la jambe les acquis fondamentaux de 1789. Mais il s’agit de savoir tirer au présent les leçons de 1793, qui fonda la tradition révolutionnaire démocratique. N’en déplaise à ceux qui, du MEDEF à Terra Nova, veulent n’y voir que terreur populacière, tout en sachant très bien qu’il s’agit de la mise en cause du système qu’ils défendent...

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