Categories

Accueil > Mouvements sociaux contemporains > Deux samedis de Gilets jaunes

Deux samedis de Gilets jaunes

mardi 15 janvier 2019, par René Merle

Toulon, janvier 2019

Je me fais rire moi-même : je vilipende les éditorialistes, commentateurs plutôt partiaux de l’actualité, et en définitive, qu’est-ce que je fais, sinon commenter, partialement moi aussi…
Alors, pour changer un peu, je vais m’en tenir à du vécu.

En plus des différents blocages ou occupations, les manifestations gilets jaunes de Toulon ont été un succès. Mais rien à voir en nombre avec nos énormes manifs de 1968 et 1995. Et plutôt inférieures en nombre aux ordinaires manifestations syndicales, ou comme celles, bien plus fournies, lors de la Loi travail...

En vieil habitué de ces manifestations syndicales (83 ans !), j’ai fini par connaître bien des visages, à sentir des atmosphères. Or dans les cortèges toulonnais je n’ai pas vu de gens que je connaissais perso ou que je connaissais de vue. Un autre monde, un autre public, très populaire lui aussi, mais différent.

Et naturellement, dans une ville où la population d’origine maghrébine est très importante, on ne pouvait que remarquer l’absence de celle-ci, alors que les cortèges traversaient la vieille ville, grandement peuplée d’immigrés ou de descendants d’immigrés.

Autre constatation, la différence d’ambiance. Gilets jaunes : rien à voir avec os habituelles déambulations promenade derrière les ballons des organisations, rien à voir avec nos tranquilles bavardages que couvre un peu trop la sono musicale bien souvent hors du coup. Là, hommes et encore plus femmes, ça criait, ça chantait, seul ou en groupe, sans la moindre vergogne.

Constatation enfin relative au « maintien de l’ordre ». J’ai vu dans ma lointaine jeunesse des affrontements très durs avec la police et les CRS. Mais depuis des décennies, nos manifs se passaient dans le calme, et la police était des plus discrètes. Rien à voir avec ces deux derniers samedis : une ville en état de siège, des casques, des lacrymos et des charges quand quelques groupes s’agitaient un peu.

Bref, du jamais vu, depuis longtemps, et du nouveau.

Répondre à cet article