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Du passage de notre Bon Roi à Souillac

samedi 19 janvier 2019, par René Merle

ou de son contact retrouvé avec ses Sujets

Notre Bon Roi nous manquait depuis son one man show de la semaine passée. Ouf, le voici de retour.
Depuis le début de son règne, notre Bon Roi, absorbé par la multitude de tâches qu’il était seul à pouvoir mener, avait renvoyé à leur néant ces édiles qui gèrent nos villes et nos bourgs. Notre nouvelle et bienvenue Royauté n’avait pas besoin de corps intermédiaires. Las, depuis que des groupes de factieux tentent de mettre à bas nos institutions par la violence, notre Bon Roi, dans sa mansuétude, a tenu à associer ces édiles à l’œuvre de redressement national.
Dans un louable souci d’équilibre, après avoir honoré de sa présence des édiles du Nord de la Loire, King Emmanuel a fait de même pour ceux du Sud, histoire de changer d’accent, et là on en changeait à l’évidence.

En compagnie d’une escorte débordante, il a préalablement visité une école rurale dans une toute petite localité, papoté avec les enfants ravis, puis serré la main de quelques badauds en n’oubliant pas de demander à chacun « Vous allez bien ? » avant de les quitter sur un « Merci de votre présence. Continuons tous ensemble ». Qui a dit que notre Bon Roi n’avait plus le contact avec son peuple ? Rien à voir avec la cité de Souillac où il devait tenir chambre ardente devant ses maires : bouclage des routes, marché supprimé, permis de circuler pour les seuls habitants (papiers d’identité à l’appui), cordons de gendarmes tenant les factieux à distance, etc.

Notre Bon Roi a ensuite tenu le rôle de Mr. Loyal au centre de cette ceinture d’écharpes tricolores ; il a écouté avec patience les quelques interventions censées porter la parole des 600 présents (d’aucunes l’adulèrent, d’autre lui dirent leurs quatre vérités) ; puis, le micro en main, le visage viril et persuasif, la parole retrouvant les accents de sa campagne victorieuse d’antan, la chemise tombée, il a longuement, très longuement, très très longuement, fait l’apologie de son action passée et de son action à venir devant des maires subjugués.
Certes, ses Sujets, dont nous sommes, ont pu ressentir une impression de déjà vu par rapport à la réunion des fidèles édiles de Normandie. Certes, nous ne dissimulerons pas une inquiétude pour la suite, car notre Bon Roi envisage de renouveler ce type de rencontres en de nombreux autres lieux du Royaume. Notre Bon Roi ne risque-t-il pas de lasser ? Ne risque-t-il pas de donner l’impression d’une opération de propagande préparant le proche épisode des élections européennes ?

Nous ne le pensons pas. Notre Bon Roi a fait don de sa personne à la France. Il nous l’a redit hier, c’est pour nous et seulement pour nous qu’il a abandonné une plus qu’honorable carrière financière menée à la force du poignet pour se sacrifier, et devenir notre Guide.
La brigade féminine de communication des jeunes parlementaires de sa majorité nous l’a d’ailleurs répété sur tous les tons et sur tous les écrans : notre Bon Roi, soutenu par l’amour de ses Marcheurs, n’a pas d’autre ambition que de lancer (et non contrôler et utiliser) un immense débat où nous ne mettrons pas en cause ce qui a été fait, mais où nous ouvrirons l’avenir en soutenant le programme électoral de 2017, que les Français ont approuvé dans leur grande majorité (seules les mauvaises langues peuvent prétendre que ce n’est pas le programme qui a été approuvé, mais l’accès au pouvoir de Mme Le Pen qui a été refusé).

En avant donc pour deux longs mois où chacun dira la sienne, avant que notre Bon Roi ne tire la substantifique moelle de ce bruissement national.

1 Message

  • Du passage de notre Bon Roi à Souillac Le 19 janvier à 15:38, par DUBOIS Jean Michel

    Monsieur Merle,
    Une nouvelle fois, merci pour vos pertinentes analyses.
    Je souligne la brillante intervention de Monsieur Christian Venries, maire de Saint-Cirgues.
    Le monarque écoute (?), enfin ! (poussé par les évènements), des personnes qui, en principe, connaissent les problèmes du peuple.
    Albert Camus, dans « L’Homme Révolté », écrivait : « Le fascisme c’est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme… »
    Nous voilà rassurés…

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