La Seyne sur Mer

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À propos des Gilets jaunes

mardi 13 novembre 2018, par René Merle

ou de « l’auto-organisation populaire à la base »

Depuis bientôt deux siècles, la vie politique française s’est organisée dans l’affirmation de Partis aux orientations idéologiques plus ou moins clairement différenciées.

Mais depuis longtemps déjà aussi, en matière de refus des partis politiques, la France a une vieille expérience du Rassemblement hors Parti proclamé unificateur du Peuple, à l’appel et sous le contrôle absolu d’un Chef salvateur. Sans remonter au Louis Napoléon Bonaparte de 1848 et au général Boulanger, il suffit d’évoquer le défunt RPF (Rassemblement du Peuple Français) du général de Gaulle ou le RN (Rassemblement National) de Mme Le Pen). L’appel au rassemblement venait et vient « d’en haut ».

Il en va autrement depuis quelque temps avec des rassemblements censés monter de la base, en dehors des structures traditionnelles des partis. En s’inspirant chacun à leur façon des montées en puissance de Grillo, Obama, ou des Insoumis espagnols, MM. Macron et Mélenchon ont créé La République en marche et La France insoumise par le support des réseaux sociaux et des clics sur Internet. Ils ont substitué à l’organisation politique traditionnelle les comités de base étendus en rhizomes informels du Mouvement (mouvement « gazeux » dirait M. Mélenchon).
Certes, ce faisant, MM. Macron, Mélenchon et autres politiques entendaient bien en fait initier une organisation politique parfaitement verticale sous la houlette du Chef. Le rapport du Chef au peuple devenant alors celui du tribun majestueux haranguant son peuple réuni, ou du prince saluant d’un « Vous allez bien ? » le peuple incarné par les badauds

Mais quid alors des Gilets jaunes ?
Il n’y a pas eu de génération spontanée. Je ne sais si le mouvement est ou sera récupéré par les politiques, mais il est clair en tout cas que les citoyens qui s’y sont engouffrés ont écouté la leçon de ceux qui proclamaient la mort du politique, voire du syndical.
Les esprits étaient préparés à rejeter les partis et privilégier l’organisation informelle à la base avec le support des réseaux sociaux et d’internet.
C’est ainsi que M.Macron a vu se lever contre lui un type de déferlante à laquelle il ne s’attendait pas, et que M. Mélenchon n’a pu que constater que la déferlante appelée de ses vœux n’était pas celle qu’il avait pronostiquée.

Il est assez comique de voir un gouvernement et un président en désarroi devant le mouvement informel et incontrôlé des Gilets jaunes, regretter l’absence des « organisations structurées », celles-là même qu’ils avaient ignorées et ostracisées.
Désormais le Président se retrouve dans un face à face avec la multitude des inconnus, qui n’est pas tout à fait celle des bains de foule dont il semble devenir coutumier.
Affaire à suivre.

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