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La science du gouvernement… Marat, 1774, 1792

vendredi 27 mars 2020, par René Merle

Le Président et son gouvernement se servent de la crise sanitaire pour légitimer un pouvoir pratiquement absolu, dont les dernières ordonnances de régression sociale sont un premier épisode.
Et le peuple aveuglé, en état de sidération devant la menace du virus, se dit que ce n’est pas le moment de « faire de la politique » et d’aller contre l’Union sacrée demandée par notre monarque.
J’ai déjà cité Marat sur ce site :
Cf. : Marat. Ouvrir les yeux du peuple ?
Et j’y reviens, avec ce texte qui me paraît on ne peut plus d’actualité [1] :

« Lorsque d’horribles convulsions torturent les entrailles de la patrie, c’est un devoir pour tout homme de cœur de s’occuper de politique ; et jamais cela ne fut plus éminemment utile qu’aujourd’hui, où la patrie a dans son propre sein le poison de la monarchie. Ce n’est pas qu’on ne puisse être honnête homme et pourvu d’estimables qualités, sans examiner à chaque instant de la vie, pour ainsi dire, la marche gouvernementale. On peut être bon époux, bon père, plein d’empressement à obliger ses amis : mais là ne se bornent pas les devoirs du vrai citoyen. L’homme qui ne porte intérêt qu’a ce qui l’entoure, n’a qu’une fraction de vertu ; il n’est point égoïste par rapport à ceux qu’il connaît, qu’il affectionne, mais il l’est certainement par rapport aux masses.
La politique, peuples, ne l’oubliez pas, c’est la science du gouvernement ; et s’en occuper, c’est exercer un contrôle perpétuel sur les actes des hommes arrivés au pouvoir. Lors même qu’ils sont de votre choix, les surveiller est pour vous un devoir de tous les instans [2].

Notes

[1Son adresse démocratique aux électeurs britanniques, publiée à Londres en 1774 lors du séjour de Marat en Angleterre, The Chains of Slevery, fut augmentée et publiée en français en 1792, au moment de la trahison royale avérée et de l’avènement de la République : Les chaînes de l’esclavage. Ouvrage destiné à développer les noirs attentats des princes contre les peuples ; les ressords[sic] secrets, les ruses, les menées, les artifices, les coups d’état qu’ils employent pour détruire la liberté, et les scènes sanglantes qui accompagnent le despotisme. Par J.P. Marat, L’Ami du Peuple, Paris , De l’Imprimerie de Marat, rue des Cordeliers, vis-à-vis celle Haute-Feuille, L’an premier de la République, (1792).

[2Graphie de l’époque

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