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Riazanov, explorateur et révélateur des inédits de Marx

mercredi 23 janvier 2019, par René Merle

Un itinéraire militant

Délégués au Congrès du Parti bolchevik en 1919. Riazanov est le quatrième à partir de la droite dans la rangée du haut. On peut reconnaître, assis au centre, Staline, Lénine et Kalinine.

Les amis marxistes, marxiens, et marxologues qui se délectent (comme moi) des œuvres que Marx ne publia pas de son vivant, (dont l’Idéologie allemande et les Grundrisse, et qui restèrent inaccessibles jusqu’aux années 1930, savent-ils quel tribut de reconnaissance nous devons payer à David Borissovitch Goldendach (1870-1938), plus connu sous son pseudo de militant clandestin sous le tzarisme : Riazanov.

Car militant, cet homme de lettres l’avait été, et l’avait durement payé de sa personne : cinq ans de prison au jeune narodnik (« populiste », au sens politique russe du mot), premier exil européen où il devient militant du Parti ouvrier social démocrate de Russie (mais sans prendre parti dans la querelle mencheviks – bolcheviks), retour militant en Russie lors de la Révolution de 1905, nouvelle condamnation et nouvel exil où il étudie à Londres les écrits de Marx journaliste, retour en Russie lors de la Révolution de 1917, adhésion avec nuances au bolchevisme.

En 1918, sous les auspices de Lénine, il commence à travailler sur les archives de Marx-Engels, entame sa prospection internationale des sources ; créateur puis directeur (1920-1921) de l’Institut Marx-Engels de Moscou, il organise la collecte et le traitement scientifique de milliers de pages de manuscrits, et initie leur publication. Énorme travail grâce dont des générations de chercheurs et de politiques ont bénéficié.
Voir sur le net, la bio la plus complète (en anglais) :
Riazanov

Je ne peux qu’ajouter ces dernières lignes glaçantes : en 1930, Riazanov est inculpé de participation à un soi-disant complot menchevik et condamné à l’exil intérieur à Saratov. Fin 1937, il est arrêté, condamné pour une présumée activité trotskyste, fusillé le 2-1-38.

Il sera réhabilité en 1958, au début de l’ère Khrouchtchev. Ce qui lui fera une belle jambe.

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