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Les élections européennes approchent

jeudi 24 janvier 2019, par René Merle

Du rêve d’Anatole France à l’Union européenne

J’avais inauguré ce site en publiant la célèbre lettre d’Anatole France au directeur de l’Humanité : « On croit mourir pour la patrie… », et il est toujours profitable de la relire :
1922 - Anatole France - On croit mourir pour la Patrie...

Mais je ne veux pas reprendre ici sa dénonciation du capitalisme et de ses suppôts, générateurs et profiteurs des guerres que font, malgré eux ou avec conviction, les simples gens trompés.
Je reviens sur la fin de la lettre, où Anatole France avance l’espoir d’une Europe de nations solidaires, où l’animosité n’aurait plus place… « Notre salut, c’est d’être bons Européens. Hors de là, tout est ruine et misère ».
Il est tragique de constater que, dix sept ans après cet appel de prudence et d’espoir, la France entrait dans un conflit encore plus terrible peut-être que le précédent.

On le sait, malgré les critiques qui ont pu être adressées à la construction européenne, la moindre n’étant pas qu’elle satisfaisait plus des intérêts économiques capitalistes que le fameux bien commun, l’évident support populaire initial, et durable, procédait du sentiment que désormais la guerre n’était plus possible entre les anciens belligérants.
On sait comment et combien ce support populaire s’est érodé devant le constat d’une gestion technocratique, trop sensible aux lobbies capitalistes, et d’un élargissement aventureux à l’Est.

Il n’en reste pas moins, que la construction européenne existe, aussi imparfaite qu’elle soit, et que nous serons appelés dans quatre mois à désigner nos représentants au parlement européen, comme le feront les citoyens des 27 autres états (Royaume uni compris, ce qui ne manque pas de piquant).
Je ne sais ce qu’il en est chez nos partenaires, mais, en ce qui concerne la France, on ne peut qu’être frappé par la quasi inexistence du débat européen.
Les dernières tractations franco-allemandes se sont déroulées en catimini, et placent l’opinion peu informée devant des faits accomplis.
Elles ont peut-être au moins eu le mérite de poser devant l’opinion, grandement omnibulée par la crise sociale et politique, la question de quelle Europe avons-nous, quelle Europe voulons-nous ?
On connaît, ou on ne veut pas connaître, les propositions de la France insoumise, du PCF, de LR, du RN et de ses satellites.
On peut les partager ou les rejeter, mais au moins elles existent.

Quid alors de LaRem ?
Silence radio. Sinon que, dans une piètre opération électoraliste, notre Président compte bien voir sa liste arriver en tête comme seul rempart contre le populisme et le nationalisme.
Pour le contenu, on attend encore.
Et au fait, quid du programme de la liste Gilets jaunes ?

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