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Du suffrage universel...

vendredi 16 novembre 2018, par René Merle

Si la volonté générale peut errer...

Il est déjà arrivé que, d’instrument (plus ou moins parfait) de la vie démocratique, le suffrage universel devienne un instrument d’auto-asservissement des peuples.

La France avait donné le la en 1848, en inaugurant son suffrage universel masculin par l’élection de Louis Napoléon Bonaparte comme président d’une République qu’il allait s’empresser d’étrangler.
Et la triste actualité nous le confirme : Salvini, Orban, ses épigones tchèques, polonais, autrichiens… et maintenant, sucre sur les poires, Bolsonaro...

De bons esprits, humanistes propres sur eux, en conclueront évidemment, sans trop le dire, que, faute de changer de peuple, il conviendrait de ne plus lui demander son avis.
Place à la gouvernance de ceux qui savent, place à la seule gouvernance des "Capacités"…

Le drame est que souvent, trop souvent, la gouvernance des "Capacités" (comme la France et l’Italie nous l’ont montré ces derniers temps) prépare à nouveau, dans la déception et l’exaspération populaire, la marche vers la pire réaction autoritaire.
Faut-il donc désespérer de la démocratie ?

Relisons notre vieux, et toujours jeune, Jean-Jacques Rousseau :
« Si la volonté générale peut errer.
Il s’ensuit de ce qui précède que la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l’utilité publique : mais il ne s’ensuit pas que les délibérations du peuple aient toujours la même rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours : jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe, et c’est alors seulement qu’il paraît vouloir ce qui est mal. »
Du contrat social ou principes du droit politique, par J.-J.Rousseau, citoyen de Genève. 1762.
Livre II, ch. III

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