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Georges Didi-Huberman et la Survivance des lucioles

dimanche 3 février 2019, par René Merle

J’aime beaucoup ce qu’écrit Georges Didi-Huberman de notre rapport collectif à l’Autrefois, à l’Avenir, et à notre Liberté [1], et je souhaite que ces deux citations vous donnent envie de plonger dans le livre…

« Si l’imagination – ce travail producteur d’images pour la pensée – nous éclaire par la façon dont l’Autrefois y rencontre notre Maintenant pour libérer des constellations riches d’Avenir, alors nous pouvons comprendre à quel point est décisive cette rencontre des temps, cette collision d’un présent actif avec son passé réminiscent. »

« Seule la tradition religieuse promet une salvation par-delà toute apocalypse et toute destruction des choses humaines. Les survivances, elles, ne concernent que l’immanence du temps historique : elles n’ont aucune valeur rédemptrice. Et quant à leur valeur révélatrice, elle n’est jamais que lacunaire, en lambeaux : symptomale, pour tout dire. Les survivances ne promettent aucune résurrection (y aurait-il un sens à attendre d’un fantôme qu’il ressuscite ?). Elles ne sont que lueurs passagères dans les ténèbres, en aucun cas l’advenue d’une grande « lumière de toutes les lumières ». Parce qu’elles nous enseignent que la destruction n’est jamais absolue – fût-elle continue -, les survivances nous dispensent justement de croire qu’une « dernière » révélation ou une salvation « finale » soient nécessaires à notre liberté. »

Notes

[1Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Les Éditions de Minuit, 2009.

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