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De la résistance du Bodhisattva...

mardi 5 février 2019, par René Merle

En relisant René Grousset, L’Inde, Paris, Plon, 1961

Je ne dirai jamais assez à quel point je suis admiratif devant la faculté de résistance du Bodhisattva, plus connu sous nos latitudes sous le nom de Bouddha.

Faut-il rappeler que lorsqu’il méditait sous le bodhidrouma, le figuier sacré de Bodh Gayâ, le démon Mâra lui dépêcha une meute hurlante de démons, que le Bodhisattva renvoya à leur néant.

« Les effets de terreur s’étant avérés inutiles, Mâra recourut à d’autres armes. Il envoya ses filles qui essayèrent sur le Bodhisattva tous leurs effets de séduction. Elles chantaient : « Ami, réjouissons-nous. Voici venu le temps de la plus belle, de la plus charmante des saisons, la saison du printemps qui fait la joie des femmes et des hommes, où les arbres sont en fleurs, où tout est rempli de troupes d’oiseaux. Voici ces arbres fleuris avec leurs jeunes rameaux sur lesquels chantent les kokila et bourdonnent les abeilles. Sur la terre où pousse un gazon vert, moelleux, gras et épais, dans les bois fréquentés par la multitude des fées, viens te livrer au plaisir… Ton corps est un beau corps gracieux, et nous sommes faites pour donner du plaisir aux dieux et aux hommes : c’est pour cela que nous existons. Lève-toi promptement, jouis de la belle jeunesse. « Leurs chevelures soyeuses, dit encore le Lalitavistara, étaient imprégnées de lourds parfums, leurs visages étaient soigneusement fardés ; leurs yeux, beaux et grands comme des pétales de lotus épanoui. Et la voix tentatrice reprenait : « Regarde-les, Seigneur, elles sont aimables et ne rêvent qu’à être aimées. Regarde, Seigneur, leurs seins fermes, élevés et arrondis, ces trois plis charmants à leur taille, leurs hanches larges aux gracieux contours. Leur cuisse est pareille à la trompe de l’éléphant, leur bras disparaît sous les bracelets, leur taille est ornée d’une éclatante ceinture. Regarde-les, Seigneur, elles ont l’allure du cygne et parlent avec grâce le langage de l’amour qui va au cœur, et, de plus, elles sont très savantes dans les voluptés divines. Regarde-les, Seigneur, elles sont tes esclaves… »

Le bodhisattva triompha de cet assaut comme des autres et, peu après, comme les trois filles de Mâra tentaient un dernier effort de séduction, il les transforma en trois vieilles décrépites.

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