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Jean Birnbaum, La religion des faibles.

dimanche 18 novembre 2018, par René Merle

Écho d’un débat toulonnais

Sur la foi d’une recension de Denis Collin [1], j’avais commandé dès parution l’ouvrage de Jean Birnbaum, La religion des faibles. Ce que le djihadisme dit de nous, Seuil, 2018, et je n’ai pas été déçu.
Aussi, bien que je ne fréquente plus guère ce genre de manifestation, je suis allé ce samedi à la Fête du Livre de Toulon où la présence de l’auteur était annoncée à un débat : « Le monde d’hier à aujourd’hui : religions et civilisations ». Vaste programme !

Malgré l’impéritie d’un inénarrable directeur de débat, journaliste au Figaro, Jean-François Colosimo (je reviendrai sur son propos), Boualem Sansal et Jean Birnbaum ont tous trois pu s’exprimer et échanger dans cette bien petite heure de temps.

Birnbaum a repris les thèmes qui font la force et l’intérêt de son livre, auquel bien sûr je vous renvoie. Devant la poussée de l’islamisme, l’Occident nombriliste découvre que, aussi bien dans le temps que dans l’espace, il n’a pas été et il n’est pas le centre du monde, il n’est pas l’Unique. Même s’il a cru pouvoir passer sur le monde le rouleau compresseur de la mondialisation capitaliste (dont Marx-Engels se félicitaient, puisque elle ouvrirait la voie à la révolution prolétarienne ! j’en ai souvent traité dans mon blog précédent).
Une bonne partie de notre intelligentsia est aveugle devant ce qui se joue, et crie à l’islamophobie chaque fois que l’on veut ajouter l’adjectif idoine au mot « terrorisme ». Cette même intelligentsia veut voir la racine du mal dans la frustration sociale de nos jeunes radicalisés, et dans le retour de bâton de la colonisation.
Or, ce ne sont pas nos valeurs, ce n’est pas niveau et notre mode de vie, que l’on nous envie dans la frustration ou la rancune. Ce sont nos valeurs et notre mode de vie que l’on veut abattre. Le nier dans la bonne conscience universaliste, que Jean Birnbaum appelle de façon éclairante la religion des faibles, ne peut que nous désarmer devant l’agression.
La haine conquérante qui nous désigne comme « Vous », - ceux qu’il faut combattre et abattre -, ne peut en retour que cristalliser un « Nous ». Ou deux « Nous » plutôt. Le Nous clos et mortifère qui grandit dans nos pays européens. Mais aussi et surtout le Nous conscient qu’il faut défendre quelque chose d’infiniment précieux né de notre histoire européenne commune, quelque chose certes d’imparfait, et de trop souvent galvaudé, mais qui nous fait de nous des êtres de liberté et de raison.
Je ne peux que vous inciter à découvrir cet ouvrage.

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