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De Brutus à César, et à notre Président

dimanche 10 février 2019, par René Merle

Les Jésuites, le théâtre… et Emmanuel Macron.

En 1996, Autrement consacrait un numéro spécial à ce siècle qui, au terme d’épouvantables conflits civils, vit l’avènement du Césarisme [1]. Je le consulte toujours avec grand intérêt.

Mais je voudrais revenir ici une étude finale de ce dossier [2], qui, ricochant sur l’histoire de Rome pour en arriver aux Jésuites, éclaire singulièrement la référence républicaine romaine qui imprégna bien des élèves des Jésuites, et parmi eux Corneille, Voltaire, Diderot, Robespierre, Camille Desmoulins…
Jusqu’à l’expulsion de 1762 et pendant deux cents ans, des générations de collégiens (issus, pour leur majorité, du Tiers État éduqué) ont été élevés chez les jésuites, dans un bain de latinité permanente. Avec des fêtes splendides qui, plusieurs fois par an, s’ordonnent autour du théâtre et d’une galerie de personnages mythologiques et historiques, venus de la Rome républicaine : Coriolan, Catilina, Pompée, etc., et particulièrement Brutus, s’inscrivent dans l’imaginaire des jeunes acteurs et spectateurs.

On sait que c’est par le théâtre que notre Président, alors élève d’un lycée jésuite de province, engagea par le théâtre son existence dans la voie que nous connaissons. Le répertoire était sans doute plus contemporain…
Peut-être aurait-il sous la Monarchie absolue joué le rôle de Brutus, anticipant sur le coup de poignard dans le dos donné à celui qui l’avait fait conseiller et ministre.
François Hollande avait endossé à fond le rôle hyper présidentiel que la Constitution lui assignait, mais pour autant « le président normal », n’avait rien d’un apprenti dictateur comme l’était César…
Ce qui n’a pas dû l’empêcher, à la veille de son piteux retrait de 2017, de prophérer à l’égard de Macron le fameux tu quoque mi fili !
Peut-être ; si l’envie lui prenait de refaire du théâtre, notre désormais Président préfèrerait-il aujourd’hui au rôle de Brutus le républicain celui de César l’apprenti dictateur, ou celui d’Auguste, l’empereur fondateur ?

Notes

[1Rome, 1er siècle avant Jésus-Christ : ainsi périt la République des Vertus, sous la direction de Jacques Gaillard, Autrement, 1996.

[2Édith Flammarion, « Quand les jésuites mettaient Brutus en scène ». op.cit.

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