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1940, L’Action française et la Révolution nationale

samedi 23 février 2019, par René Merle

La loi sur les dénaturalisations et la chasse aux « Métèques »

Le 22 juin 1940, la France signe l’armistice. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale (moins les députés communistes emprisonnés depuis des mois par le gouvernement Daladier, et 80 députés qui sauvent l’honneur) donne les pleins pouvoirs constituants au Maréchal Pétain. La République est morte. L’État français la remplace. La droite et l’extrême droite exultent. Les autres formations politiques, dont la disparition est proclamée, font pour l’heure confiance au Maréchal.
Dans la débandade de l’exode, L’Action française, organe du nationalisme intégral, s’est repliée sur Limoges, et ne paraît pour l’heure, qu’en trihebdomadaire encore épisodique. Avec deux éditoriaux, son numéro du dimanche 21 juillet 1940, bien évidemment soutien du nouveau régime, ne l’en pousse pas moins à la roue pour plus de "lucidité" et d’action, ce qui lui vaut quelques lignes de censure.

" LA FRANCE AUX FRANÇAIS.
Débridant et cautérisant, d’une main vigoureuse, une des plaies dont la France se mourait, le gouvernement vient de prendre un décret hardi, mais nécessaire. Dans une première partie, il réserve tous les postes des administrations, tant des communes et des départements que de l’État, aux citoyens nés de pères français. N’échappent à cette juste éviction que les naturalisés ayant servi sous nos drapeaux, à titre étranger, ceux qui ont servi dans des unités combattantes au cours des guerres de 1914 et de 1939, et les descendants de ces derniers en ligne directe. La seconde partie du décret règle le sort des magistrats, agents civils, militaires en activité, qui ne remplissent pas la condition désormais imposée pour l’admission à un emploi public ; ils sont réputés démissionnaires, sous réserve de droits à des indemnités ou à des pensions.
Il était grand temps que prissent fin le scandale et le péril causés par la foule innombrable des citoyens français de trop fraîche date, n’ayant pour la plupart de français que le nom, qui avaient envahi nos administrations. Dans certains ministères, ces fonctionnaires dangereux pullulaient. Voyez, par exemple, celui des Beaux-Arts.
Il faudrait rendre familières à tous les Français la notion et l’appellation de « métèque ». Le mot n’a rien d’injurieux. Il invite seulement à ne pas confondre les nationaux attachés au sol, à l’être moral de la patrie, par une chaîne de cent générations d’ancêtres, avec l’homme venu récemment d’une autre nation.
[trois lignes censurées]
Il faudrait étendre l’exclusion que vient de prononcer ce décret à certaines autres fonctions dont les titulaires ne sont pas nommé par les maires, les préfets ou les ministres. Journalistes, parleurs de la radio, directeurs de théâtres ou de cinémas exercent une autorité très importante. Ce sont, au propre sens du terme, des « publicistes », qui ont un empire considérable sur le public. Ils répandent puissamment des idées et des sentiments soit utiles, soit nuisibles au bien public. Ils propagent des états d’esprit et des états de sensibilité. Et la propagande de ces sentiments et de ces idées, un gouvernement peut et doit la contrôler, sans mesquinerie mais avec vigilance ; il a le droit et le devoir de la gouverner, dans une certaine mesure, au même titre que l’instruction publique, dont aussi bien elle n’est qu’une portion.
D’autres professions encore, celle de médecin par exemple, donnent, elles aussi, à qui les exerce, une action morale qu’il importe de ne pas abandonner en des mains étrangères. A chacun des centres nerveux de la nation, où nous avons vu se ruer les étrangers, que nous leur avons laissé occuper, par une incurie inepte et proprement suicide (sic), il ne faut admettre que des nationaux.
Il est très probable que le gouvernement actuel médite ce point de sa tâche et qu’il la remplira avec le courageux bon sens qu’il vient de montrer dans d’autres. [1]
« La France aux Français », dit le Courrier du Centre, commentant le décret, ce n’est pas une formule séditieuse, mais la constatation d’une nécessité, d’une obligation envers elle-même. Depuis trop longtemps, comme disait Eugène Lautier, la France n’était plus française : elle était en train de cesser d’être la France. Sa chute dans la mort va être arrêtée. R.B [2]

Notes

[1L’infâme statut des Juifs suivra bientôt

[2Robert Brasillach, collaborateur du journal

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