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Latin : l’Héritier et les Batards

samedi 23 février 2019, par René Merle

À propos de notre héritage linguistique latin

Un mot encore sur notre héritage linguistique latin, que j’évoquais dans l’article « langue gauloise ».
Langue gauloise
On connaît les préventions (pour ne pas dire plus) manifestées par bien des tenants de notre français national (attention, c’est ma langue, et je la défends) à l’égard des parlers régionaux, barbares et encombrants patois. Les récentes décisions gouvernementales visant pratiquement à les exclure de l’enseignement du second degré en témoignent.

Mais qui des langues de France ?
Sans évoquer ici le basque, tout droit venu des populations néolithiques d’avant les conquêtes celtes et romaines, sans évoquer le breton (tout droit issu de la grande famille celtique), sans évoquer le flamand, le francique et l’alsacien, vestiges des invasions germaniques qui pénétrèrent l’empire romain, sans évoquer donc ces langues éminemment respectables, ne parlons que des autres parlers non officiels, plus ou moins vivants sur le territoire de l’hexagone : parlers d’Oïl comme le picard, le gallo et quelques autres, parlers d’Oc normalisés dans l’occitan contemporain, parlers francoprovençaux (arpitan), catalan, corse. Tous nés du latin, tous débris et mutation du latin, comme le français officiel. La lutte, parfois lutte de chiffonniers exaspérés, se déroule toujours dans le champ clos de l’héritage d’un latin dont le sort paraît réglé par son abandon scolaire et religieux... Un latin qui, ne l’oublions pas, fut la langue du conquérant et non pas celle de l’invité. Bref, les tenants du français national qui condamnent ces langues régionales, et les tenants de ces langues régionales qui en veulent au français national éradicateur, sont les uns comme les autres héritiers de l’implacable conquérant romain.

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