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Magris - Du fascisme de la Passivité

mardi 26 février 2019, par René Merle

Une incidente de Claudio Magris

Le grand écrivain italien, Claudio Magris, écrivait à propos d’un client du « caffè San Marco », à Trieste [1] :
« Cercava la passività e celebrava il fascismo, che lo liberava dagli assilli della responsabilità e gli risparmiava lo scacco di inseguire la libertà senza trovarla, risospingendolo nella sottomissione dell’infanzia : « bisogna assolutamente dipendere per raggiungere l’atmosfera beata ».

Je traduis littéralement :
« Il cherchait la passivité et célébrait le fascisme, qui le libérait des hantises de la responsabilité et lui épargnait l’échec de poursuivre la liberté sans la trouver, en le rejetant dans la soumission de l’enfance : « il faut être absolument dépendant pour atteindre l’atmosphère heureuse (tranquille) ».

Ainsi fermait-on les yeux sur les crimes du fascisme, et tout autant sur la doctrine, afin de se réfugier sans adhésion dans la délégation de responsabilité.
Même si la période est loin plus agréable (chez nous en tout cas), Big Brother pense toujours pour nous, mais il a déplacé sa séduction : de l’autoritarisme infantilisant au conformisme anesthésiant de la majorité et de la publicité consumériste.

Notes

[1Claudio Magris, Microcosmi, Garzanti, 1997

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