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Gramsci et notre actualité

jeudi 22 novembre 2018, par René Merle

Le vieux monde se meurt…

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » [1]
La formule du dirigeant communiste et philosophe Antonio Gramsci, à propos de la crise de 1929-1930, a été si souvent répétée, galvaudée, et encore depuis peu mise à toutes les sauces, qu’elle en est devenue presque inaudible.
Gramsci la place à la fin d’un paragraphe où il montre que quand la classe dominante a perdu le consensus qui la maintenait en place, c’est-à-dire quand elle n’est plus dirigeante mais uniquement dominante, détentrice de la pure force coercitive, cela signifie que les grandes masses se sont détachées des idéologies traditionnelles, elles ne croient plus à ce en quoi elles croyaient auparavant. Et il termine par cette formule que la traduction française ramasse en quelques mots. Je la donne en guillemets dans cette note. [2]
Je ne peux m’empêcher de penser que cette remarque éclaire particulièrement notre actualité.

Notes

[1« Il vecchio mondo sta morendo. Quello nuovo tarda a comparire. E in questo chiaroscuro nascono i mostri. » Gramsci, Quaderni del carcere, Einaudi, I

[2« L’aspetto della crisi moderna che che viene lamentato come « ondata di materialisme » è collegato con ciò che si chiama « crisi di autorità ». Se la classe dominante ha perduto il consenso, cioè non è piú « dirigente », ma unicamente « dominante », detentrice della pura forza coercitiva, ciò appunto significa che le grandi masse si sono staccate dalle ideologie tradizionali, non credono piú a ciò in cui prima credevano ecc. La crisi consiste appunto nel fatto che il vecchio muore e il nuovo non può nascere : in questo interregno si verificano i fenomeni morbosi piú avariati. »

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