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Du jargon philosophique

jeudi 28 février 2019, par René Merle

De la clarté et de la cuistrerie

Il y a bien longtemps (et il m’est arrivé d’en parler dans mon blog précédent), dans une de mes vies antérieures, j’ai été enseignant de philosophie, dans un lycée technique, c’est-à-dire avec des élèves dont l’horizon était clairement celui d’une vie active de haute spécialisation et qualification dans le monde de l’entreprise. Et il ne manqua pas de bons conseillers pour me dire que la philo et ces jeunes, ma foi, ça faisait deux... Et bien, n’en déplaise aux diffuseurs d’idées toutes faites, je conserve un souvenir très positif de cette expérience...
Je me suis toujours efforcé de concilier le respect dû à cette discipline complexe, aux frontières mouvantes, avec le respect dû à ces élèves, c’est-à-dire le souci de leur apporter la parole la plus claire et la plus profitable. Autrement dit, sans la moindre concession à la simplification et à la bétification, dans le souci d’éviter le jargon des cuistres.

Bien évidemment, toute discipline a besoin d’un vocabulaire efficace dans la désignation de ses concepts, et il est nécessaire de le connaître afin de bien l’utiliser… Et il est trop facile de dire : « c’est nul », parce que je ne comprends pas ce que je refuse d’apprendre. Comme il est trop facile de se griser, en néophyte ébloui, de grands mots creux.

Aujourd’hui mes neurones sont bien fatigués, et je peux mettre sur leur fatigue la difficulté renouvelée que j’ai à comprendre certains propos "philosophiques". Mais bon, rien de nouveau sous le soleil : les souvenirs me reviennent de la période démoralisante du si "respectable" national socialiste Heidegger mis à toutes les sauces ésotériques dans les années 50-60, puis de la bouffonnerie de certains épigones de Lacan (et pourtant, je ne me lasserai jamais de répéter tout ce que je dois à la psychanalyse), sans parler de la théologie scolastique de quelques supposés marxologues, ficelant dans un jargon ésotérique une œuvre géniale dans son inachèvement, et qui demeure clé de notre présent…

Oui, comme disait un certain poète, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement... ou devrait s’énoncer clairement...

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