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Démocratie universaliste ?

samedi 2 mars 2019, par René Merle

Du droit des puissances dites occidentales à imposer partout « la démocratie universaliste »…

On ne peut qu’être frappé par l’interventionnisme présidentiel dans la situation du Venezuela et la prudence de renard (passé colonial, gaz naturel, terrorisme sahélien, immigration, et j’en passe, avec laquelle le résident traite de la situation algérienne.

En ce qui concerne le Venezuela, la doctrine est claire : nous défendons la démocratie, et nous souhaitons le départ d’un président non démocrate.
Cependant, les puissances capitalistes, dont la nôtre, absolvent si facilement les dictatures si on peut leur vendre des armes, et si on a accès à leurs matières premières (Voir l’Arabie saoudite).

Par contre, dans un gigantesque enfumage idéologique, ces mêmes gouvernements se sont proclamés champions de la politique interventionniste « droits-de-l’hommiste », dont a vu la désastreuse conséquence en Lybie, par exemple.

Le hasard d’un diner m’a mis à côté d’une sympathique jeune femme qui me disait : « à choisir, je préfère le chaos actuel en Syrie et en Lybie à la perpétuation de la dictature ». A bas les dictatures, si elles ne nous sont pas utiles ! Prudence avec les régimes autoritaires s’ils sont un peu trop gros à avaler, comme en Eurasie et en Amérique du Sud. Mais à part ça, soutenons le droit des puissances dites occidentales à imposer partout « la démocratie universaliste »…

Initialement, la démocratie n’était en rien universaliste, on le sait, sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur. La démocratie athénienne ne s’appliquait ni aux esclaves, ni aux métèques, ni aux femmes ; et elle justifiait sans états d’âme la soumission de cités voisines, quand leur population n’était pas passée au fil de l’épée…

« Salus populi suprema lex esto » (Que le salut du peuple soit la loi suprême) disaient les vieux républicains romains, qui construisirent leur identité démocratique par la conquête d’innombrables peuples.
Démocratie pour soi, mais en aucune façon pour les autres.

C’est bien ce que le peuple français avait parfaitement intériorisé au temps de la Troisième République colonisatrice, d’autant que les miettes de l’exploitation impérialiste des colonisés lui profitaient aussi.

Désormais, le mot d’ordre est : « Démocratie pour tous comme pour nous mêmes »… Tony Blair et autres criminels de guerre nous l’ont seriné, et coulent des jours heureux sans penser aux innombrables victimes de leur interventionnisme…

À choisir, je préfèrerais presque le cynisme étatsunien, qui ne se couvre guère de démocratie pour intervenir quand ses intérêts sont menacés, et qui, de toute façon, a l’aval d’un Dieu dont le dollar porte le nom…

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