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Eternité du Capitalisme ?

mardi 5 mars 2019, par René Merle

De l’apologie du capitalisme, et de l’anticapitalisme actif (et pas seulement verbal.)

Immédiatement après la chute du Mur de Berlin, on nous a répété à satiété que le monde était dorénavant unifié sous la houlette de la démocratie et du libéralisme économique. Quels que soient les inévitables remous ultérieurs, ils ne pourraient que s’apaiser dans la victoire définitive d’un capitalisme indépassable. La fin de l’Histoire…
En 1992, le politologue étatsunien Francis Fukuyama exposa cette thèse dans un ouvrage reçu à bras ouverts par nos Belles Âmes, The End of History and the last Man. Et il n’a cessé depuis de soutenir cette thèse, réaffirmée par exemple dans un article du Wall Street Journal(6 juin 2014) : « At the End of History Still Stands Democracy ». Les affrontements actuels ne sont que péripéties qui n’infirment pas la victoire définitive de la démocratie « libérale ».

Pour les communistes qui avaient placé toute leur foi dans l’Union soviétique et le « camp socialiste », le coup a été terrible.
Les choses leur apparaissaient pourtant simples jusque là : depuis les débuts de l’Histoire, le conflit entre force productives et rapports de production, et la lutte des classes aidant, avaient été le moteur de l’évolution. On avait vu ainsi se succéder, sociétés esclavagistes, sociétés féodales, apparition de la bourgeoisie et du capitalisme (je n’évoquerai pas ici les querelles de chapelles sur le mode de production asiatique)… L’issue, téléologiquement assurée (contradictions internes du capitalisme + lutte des classes = fin du capitalisme) étant celle du communisme, qu’anticipait la naissance de l’URSS et des autres pays socialistes.
Las, il a fallu déchanter avec l’implosion de l’URSS.

Le capitalisme serait donc immortel ?

Pour qui assume de mettre au monde des enfants qui n’ont rien demandé, la question est moins de savoir si le capitalisme est immortel que de leur apprendre les règles du jeu de la survie dans ce monde du chacun pour soi. Et miser plus sur les (ultimes ?) capacités de l’ascenseur social (scolaire). Et dans notre middle class, le problème n’est pas de savoir si le système perdurera mais de trouver la bonne filière (parétasunienne ou canadienne) par laquelle leurs rejeton/ne/s obtiendront la clé magique de l’intégration dans notre néo libéralisme informatisé…

Bien sûr, d’autres pensent que tout n’est pas joué, et que l’échec de l’URSS ne préjuge en rien de l’éternité d’un capitalisme au bord lui aussi de l’implosion. Rien n’est écrit à l’avance.
Cf. : Du sens (unique ?) de l’Histoire

Pourquoi alors, avec ténacité, ne pas essayer d’ébranler les murailles de la forteresse ?
Bien sûr, ce n’est pas le propos de la social-démocratie qui veut en être l’honnête gérante, et mettre de l’huile dans les rouages.
Par contre, nombreux sont ceux qui envisagent de le modifier puis de le dépasser, en multipliant les initiatives économiques et sociales.
Et nombreux encore sont ceux qui souhaitent la lutte frontale, politique et sociale.
Mais il semble clair en tout cas que faire sept fois le tour de la forteresse au cri de « l’Humain d’abord », ne renouvellera pas la supposée performance des trompettes de Jéricho.

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