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De la démocratie dans l’information audiovisuelle

vendredi 8 mars 2019, par René Merle

À propos de trois récentes émissions de la 5, chaine publique

Au temps de la très gaulliste ORTF, le service public télévisé (le seul sur les petits écrans) ignorait totalement les publications mettant en cause la politique officielle, initiant le bien connu adage : « Ce dont la télé ne parle pas n’existe pas ».

Dans le tableau audiovisuel actuel, pareille attitude serait en définitive contre productive : le black out ou la censure produiraient l’effet inverse, et, réseaux sociaux aidant, les ouvrages qui en seraient victimes gagneraient en audience.
Or, on le sait, bien plus que par le LBD, le pouvoir, bon lecteur de Gramsci, sait qu’il ne peut se maintenir que par une hégémonie idéologique anesthésiante.
Les one man shows présidentiels commencent à sérieusement lasser, et les éditorialistes de France Inter, trop ouvertement dociles au pouvoir, commencent à fatiguer.

C’est donc par d’autres créneaux que l’entreprise quotidiennement est menée. Voyons par exemple sur deux émissions de la 5, service public, C l’hebdo et C à vous émissions plaisantes, qui mêlent l’info et l’entertainment dans une atmosphère bon enfant.
Montrez d’abord que vous êtes grandement démocrate en invitant un auteur contestataire.
Bombardez le ensuite de remarques perfides et d’accusations.
Essayez si possible de le faire sortir de ses gonds.
S’il pète les plombs, jouez alors les vierges effarouchées et réfugiez-vous derrière la déontologie journalistique dont vous êtes les fleurons.

C à vous nous en a donné deux exemples récents dont un avec Edwy Plenel et Nicolas Dupont Aignan (lequel n’est vraiment pas ma tasse de thé, mais la façon dont il a été traité est significative).
Vous pouvez facilement regarder ces deux émissions en replay, et à vous de juger.
Autre exemple, encore plus parlant peut-être, la façon dont a été traitée Monique Pinçon-Charlot sur C l’Hebdo :
Acrimed

1 Message

  • De la démocratie dans l’information audiovisuelle Le 8 mars à 07:50, par Olivier GIROLAMI

    Bonjour René,
    Je suis comme toi assez choqué de la manière dont sont menées les émissions TV – et encore plus depuis la fièvre jaune.
    Je me suis d’ailleurs amusé à un petit jeu sur internet, dans les émissions de Cohen. Je ne regarde pas le début de l’émission et je tente de deviner la couleur politique de l’invité en scrutant uniquement la gravité du faciès dudit Cohen, la contraction de sa mâchoire et son expression non-verbale.
    En toute humilité je ne me suis jamais trompé. C’est assez édifiant de voir les différentes physionomies du présentateur face à un BHL ou Val et face à un Plenel ou autre Begaudeau…
    En excellent haruspice je peux prévoir la tournure, le ton et le contenu du débat !!!
    De plus quand l’invité n’est pas dans le sérail gouvernemental, l’émission devient une parodie de démocratie, car la voie et les convictions de l’invité ne peuvent pas être entendues ; en effet la plupart du temps il perd une heure à expliquer … qu’il n’est pas violent… qu’il n’est pas fasciste… qu’il n’est pas raciste… etc. etc.
    Pour finir avec le grand débat, sur une note légère, je trouve la date du 15 mars comme clôture décidée par Macron, comme assez étrange. Ce monsieur qui connait bien l’histoire devrait à son tour se méfier des ides de Mars.
    Amicalement

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