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Des États généraux et du Grand débat

samedi 9 mars 2019, par René Merle

Du bon usage des algorithmes

On ne le sait pas assez, notre Bon Roi Louis XVI aurait pu parfaitement éviter de réunir les États généraux en 1789, ce qui de fil en aiguille lui aurait évité d’être décapité en 1792.

Voyons cela de plus près. La situation financière du Royaume était difficile, et pour obtenir l’aval des sujets sur un nouveau tour de vis fiscal, notre Bon Roi avait décidé de réunir les États généraux de ses trois Ordres, Clergé, Noblesse, Tiers-État, et, dans leur préparation, de demander à ses bons sujets la rédaction de cahiers de doléances.

En ce qui concerne le Tiers-État, à partir de janvier, dans toutes les paroisses après la messe, furent recueillies les doléances, mises en forme par un homme de plume local, puis ces cahiers étaient regroupés, examinés et mis en forme lors des assemblées de baillage, et enfin concrétisées par l’exemplaire que portaient avec eux les députés qui devaient se réunir à Versailles en mai.

Que de temps perdu et que d’imprudences !
Il aurait pourtant suffi que notre Bon Roi se transportât en personne dans ses diverses provinces, pour haranguer quelques sujets choisis, qu’il invitât ses ministres et courtisans à faire de même, que tous ces propos soient notés, puis que, mot à mot, ces verbatim soient traités par les algorithmes des ordinateurs d’Opinion Way. Notre Bon Roi aurait pu ainsi vérifier que, nonobstant l’activité de quelques factieux, la confiance que lui gardaient ses sujets était intacte, et qu’ils s’en remettaient entièrement à lui, et à lui seul, de tirer les conclusions des algorithmes et de demeurer maître des horloges.
Point n’aurait alors été besoin de réunir les États-Généraux, et la Bastille serait demeurée en place, et la Monarchie absolue confortée par les doléances de ses Bon Sujets.

Hélas, notre Bon Roi n’avait au vent de la stratégie de notre actuel monarque…

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