Categories

Accueil > Court XXe siècle, 1914 - 1945 > France > Pour les ouvriers juifs, 1919

Pour les ouvriers juifs, 1919

dimanche 17 mars 2019, par René Merle

Un appel dans L’Humanité

Je lis dans l’Humanité journal socialiste du 4 novembre 1919 (en un temps où les socialistes croyaient encore à la lutte des classes et militaient pour l’avènement de la société collectiviste), cet appel qui unit sentiment identitaire et engagement de classe.
Il s’adressait à ce nouveau prolétariat juif de l’atelier des quartiers populaires de Paris, chassés par les pogroms de l’Empire russe et des Balkans, qui étaient la cible préférée des antisémites de tous poils, - de la violence des disciples de Drumont au délicat Giraudoux, antisémite de bas étage -, et que la bourgeoisie juive pleinement citoyenne depuis la grande Révolution considérait, pour rester poli, avec une certaine distance.
On connaît le sort tragique que lui réserva le pouvoir pétainiste, on sait aussi que c’est de ce vivier prolétarien de l’Est parisien que sortiront de grandes figures résistantes de la MOI, auxquelles on ne rendra jamais assez hommage.


« Pour les ouvriers juifs
Sur l’initiative de quelques ouvriers et intellectuels juifs, il a été fondé dernièrement un groupe ayant pour but l’organisation des prolétaires juifs de Paris.
Fortement attachés aux principes du socialisme international, les promoteurs du groupe envisagent l’organisation des masses ouvrières juives « sur le principe de la lutte pour la libération sociale complète de la classe ouvrière juive dans les rangs du prolétariat mondial. »
Tout membre de l’O.O.J. reconnaît comme but de son action la destruction complète du régime bourgeois et la transformation de la société capitaliste en société collectiviste ou communiste.
Les méthodes générales de l’action du groupe seront inspirées du principe de la « lutte de classes » sur le terrain politique, économique et social.
A cet effet, l’O.O.J. restera en rapports étroits et continus avec les organisations politiques et économiques de la classe ouvrière du pays et tendra à fusionner autant que possible son action avec celle du prolétariat français dans sa lutte pour l’affranchissement social.
Les adhésions doivent être adressées provisoirement au siège du syndicat des casquettiers, 13, rue Geoffroy-l’Asnier, Paris – 4e. »

Répondre à cet article