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L’Internationale. De la résurgence des couplets de Pottier

lundi 18 mars 2019, par René Merle

Gilets jaunes, PCF et l’Internationale

Je lisais samedi, sur le déroulé orange du fil des événements, que le matin des Gilets jaunes qui tentaient de rejoindre les Champs Élysées s’étaient trouvés devant un rassemblement communiste place Chassaigne-Goyon (Saint- Philippe-du-Roule), et que les uns et les autres avaient entonné l’Internationale
Etonnant, pourra-t-on penser, de la part de ces Gilets jaunes, uniquement "Marseillaise et drapeau tricolore", comme de la part de ces communistes qui ont rangé dans l’armoire faucille, marteau, et Internationale

Au-delà de l’anachronisme des situations, ces paroles nées au lendemain de l’écrasement sanglant de la Commune de Paris en mai 1871 [1] même si elles apparaîtront à certains grandiloquentes ou dépassées aujourd’hui, disent bien ce qu’est dans sa vérité le mouvement de révolte sociale qui refuse tout sauveur suprême pour ne compter que sur lui- même

Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Notes

[1Combattant jusqu’à la dernière barricade de la Commune, Eugène Pottier, militant syndical (dessinateur en étoffes) et chansonnier, se cacha chez des amis et y écrivit l’Internationale. Condamné à mort par contumace, il gagnera les Etats-Unis. Il reviendra en France après l’amnistie de 1880. Les paroles furent mises en musique en 1888 par le militant lillois du Parti ouvrier Pierre Degeyter.

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