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Un anniversaire quelque peu oublié, celui de la Commune de Paris

dimanche 31 mars 2019, par René Merle

Des premières mesures de la fin mars 1871


Proclamation de la Commune, 28 mars 1871 (Le Monde illustré, 8 avril 1871) [1]

Dans les tumultes de ce mois de mars 2019, l’anniversaire de la proclamation de la Commune de Paris a été quelque peu oublié.

Fin mars, comme en témoigne cette affiche du 29 mars, les premières mesures étaient mises en place pour soulager les citoyens endettés ou ruinés par le long siège prussien, démocratiser les services publics et substituer à l’armée la garde nationale citoyenne.
Le gouvernement de Versailles attendit son heure pour lancer l’assaut définitif sur Paris, et ce sera la semaine sanglante de la fin mai 1871.

En février 2017, l’Assemblée nationale, alors à majorité socialiste, réhabilita les Communards [2] victimes de la terrible répression versaillaise : prisonniers exécutés en masse et sans jugement (20000 ? 30000 ?), condamnés par milliers à la prison et à la lointaine déportation… Terrible épisode de la guerre sociale qui nous montre, si besoin était, de quoi sont capables les possédants quand ils se sentent menacés dans leur domination, et ceci demeure vrai encore aujourd’hui. Qu’on y prenne garde.

On ne peut que se féliciter que la mémoire des Communards ait été ainsi officiellement lavée, même si une touche d’opportunisme intervint sans doute à un moment où les dirigeants socialistes avaient bien besoin de reconquérir des sympathies à gauche. Sans doute aurait-il fallu aussi que ces dirigeants (François Hollande et son ministre des finances jusqu’en août 2016, Emmanuel Macron), aient mené une politique qui aille dans le sens des idéaux communards de démocratie sociale, et non pas vers la régression sociale et le démantèlement des acquis de la Libération.

Notes

[1La Commune était née de fait le 18 mars 1871, quand la foule et les gardes nationaux empêchent les militaires du gouvernement Thiers de s’emparer des canons de la Garde nationale.

[2Les membres de la Commune se désignaient comme « Communeux ». L’appellation à finale péjorative « Communards » a fini par être retournée en fierté par les survivants.

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