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De trois échos médiatiques récents sur la préhistoire.

lundi 1er avril 2019, par René Merle

Tous fils de migrants…

J’ai plusieurs fois signalé sur ce site les excellentes publications de l’archéologue Jean-Paul Demoule.
Cf. : À la recherche du temps perdu
En ricochet, je reviens sur plusieurs interventions médiatiques qui ont récemment contribué à sensibiliser le grand public à notre préhistoire européenne. En espérant qu’elles vous donneront envie d’aller plus loin dans la compréhension de ces époques.

L’Exposition Néandertal

Du 26 mars 2018 au 7 janvier 2019, le Musée de l’Homme de Paris a consacré une passionnante exposition à l’homme de Néandertal.
« Néandertal n’était ni supérieur, ni inférieur à l’homme moderne, il était différent. La hiérarchisation est contraire à la démarche scientifique. Rien n’est fixé ou linéaire, l’évolution humaine est buissonnante, tant d’un point de vue biologique que culturel ».
(Marylène Patou-Mathis, commissaire scientifique de l’exposition).
On sait que des groupes d’Homo erectus (« Homme redressé ») ont quitté l’Afrique de l’Est pour gagner le Proche Orient, puis l’Eurasie. Leur longue évolution donnera naissance à partir de -300000 ans à Neandertal qui vécut en Europe approximativement jusqu’en -27000.

Pendant ce temps, l’évolution africaine d’Homo erectus donna naissance à l’Homo sapiens (c’est-à-dire « nous »), qui sort du continent africain par les mêmes chemins que son lointain parent Erectus, et arrive vers - 40000 dans l’Europe au rude climat glaciaire. Ils y vivront de la chasse et de la pêche.
La rencontre avec Néandertal est avérée, puisque, descendants de ces premiers sapiens, une partie des Européens actuels possèdent quelque 4% de gènes néandertaliens.
On discute toujours des causes de la disparition de Néandertal.

Cheddar Man

Il y a environ 12000 ans se terminait l’ère de la glaciation de Würm. Le climat se modifie rapidement, et une immense forêt tempérée de feuillus occupe le territoire européen. Les groupes humains de sapiens continuent à nomadiser et à vivre de chasse, pêche, et désormais cueillette.
Il y a peu, la presse anglo-saxonne a fait une large place à la découverte de l’homme de Cheddar, Cheddar Man, un chasseur cueilleur qui vivait vers - 10000 sur le territoire aujourd’hui anglais. Un ADN remarquablement conservé a permis de reconstituer son visage.

Cheddar man

Hécatombe au néolithique ?

On sait qu’après la naissance de l’agriculture au Proche Orient, des communautés d’agriculteur éleveurs se sont progressivement répandues sur le territoire européen. Le courant de colonisation dit rubané gagne l’Europe centrale et de l’Ouest entre -5500 et -4500.

Sous un titre quelque peu racoleur, « Hécatombe au néolithique », Arte a récemment présenté une enquête intéressante à propos des traces de violences observées sur des ossements retrouvés dans des sites néolithiques du rubané, en Allemagne et en Autriche. Meurtres collectifs rituels ou victimes de conflits ? La réflexion s’oriente vers la possibilité de conflits entre les nouveaux venus et les groupes de chasseurs-cueilleurs qui subsistaient dans la grande forêt tempérée de feuillus, ou de conflits territoriaux entre les collectivités d’agriculteurs-éleveurs dont la population, et donc les besoins en territoires, étaient en constante augmentation.

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