Categories

Accueil > Court XXe siècle, 1914 - 1945 > France > Les Glières et la presse collaborationniste de 1944

Les Glières et la presse collaborationniste de 1944

lundi 1er avril 2019, par René Merle

Une leçon pour les temps présents ?

Si, comme l’écrivait Paul Ricœur [1], « Nous sommes endettés à l’égard des hommes d’autrefois qui ont contribué à faire ce que nous sommes… Cette notion d’héritage présuppose que, d’une certaine façon, le passé se perpétue dans le présent et l’affecte » [2], quid du souvenir des Glières ?

Alors que la mémoire générationnelle commence à disparaître au profit de la recherche historique et des utilisations idéologiques, je ne peux que conseiller aux jeunes générations d’aller voir sur Gallica comment la presse collaborationniste (c’est-à-dire toute la presse publique d’alors), traita des résistants des Glières : « bandits, terroristes, dirigés par des Espagnols rouges et des militaires ambitieux de l’Armée secrète », comment elle exalta les forces françaises de la Milice et des GMR qui avaient opéré le « nettoyage », comment elle se félicita du soulagement des paysans savoyards qui échappaient enfin à la terreur rouge, comment elle magnifia la France éternelle qui avait su juguler des bandits aux ordres de l’étranger, etc. etc.

N’oublions jamais ce que fut la guerre civile de ces années 1943-1944, et comment l’appareil d’État réactionnaire et ses bras armés (gardes mobiles, GMR, milice) ont, aux côtés de l’armée allemande, traqué les Résistants. N’oublions jamais qu’une partie des Français, minoritaire certes mais bien présente, est passée de son engagement de droite extrême dans les années 30, à la répression sanglante de ceux qui ne partageaient pas sa vision de l’Ordre politique et social.
La leçon peut ne pas être inutile par les temps qui courent.

Notes

[1Le philosophe préféré de notre Président

[2Paul Ricœur, La mémoire, l’histoire et l’oubli, 2003

1 Message

Répondre à cet article