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De DSK à Macron

mardi 2 avril 2019, par René Merle

De la responsabilité du Parti socialiste

Chacun sait que si l’élection programmée de DSK n’avait pas été fracassée par l’épisode new yorkais, François Hollande n’aurait jamais été élu, et nous aurions eu droit, avec l’aile droitière du PS, à ce que la social-démocratie a de plus cynique et de plus « libéral ». François Hollande a eu beau jeu de se présenter comme un « vrai » social-démocrate, ce qui ne l’a pas empêché de mener la politique que l’on sait, flanqué de son conseiller puis ministre Emmanuel Macron.

Preuve d’une cécité antérieure et d’une lucidité retrouvée, François Hollande semble oublier son choix de promouvoir ce fascinant jeune ambitieux, pour ne plus le désigner désormais, à juste titre, que comme « le président des plus riches » [1]. Mais Macron ne l’était-il donc pas déjà quand François Hollande a cru bon de l’appeler à l’Élysée ? Pourquoi jouer aujourd’hui les vierges effarouchées et se poser en nettoyeur des écuries d’Augias ?

On ne dira jamais assez quelle responsabilité a eu le Parti socialiste dans cette dérive « libérale » dont nous voyons aujourd’hui le triomphe.
En fait, dans l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir, la fusée a été à deux étages. Le premier est celui des puissances financières et médiatiques qui l’avaient choisi comme recours.
Mais le second est celui de l’entourage d’Emmanuel Macron, conseillers et activistes, dont il convient de rappeler qu’il est puisé directement dans le vivier socialiste : Ismaël Emelien, Stanislas Guerini, Cédric 0, Benjamin Griveaux, Sibeth Ndaye étaient des membres actifs de la garde rapprochée de DSK, et nombre de députés LaRem sont issu d’un autre courant du PS, tout aussi libéral, mais plus marqué à gauche ( !!!), celui de Cambadélis, les fameux « bébés Camba ». Le JDD le signalait dès l’élection de 2017 :
Maconistes DSK

Bref, la PS a fourni l’essentiel de la garde rapprochée du candidat puis président, quitte à l’autoriser, dans son fameux « en même temps », à recruter des cadors de la droite pour gérer l’essentiel…
Qu’en conclure, si tant est qu’il faut conclure ? Déconnecté des réalités populaires, grandement nourri par l’arrivée de jeunes ambitieux issus de nos « grandes écoles » libérales, le PS a été, quoi qu’il s’en défende, le propulseur de l’événement Macron.
Il convient de prendre la mesure de cet épisode, au moment où, l’échec de l’expérience Macron étant annoncé par les Cassandres Sarkozy et Hollande, et la nature ayant horreur du vide, l’hypothèse d’un retour à la « bonne » social-démocratie n’est plus à écarter, nonobstant l’apparente mort clinique actuelle.
Je l’évoquais déjà il y a quelques mois :
Socialistes le retous

Notes

[1On lira avec grand intérêt, à ce sujet, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Le président des ultra-riches - Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron, Zones,, et l’article de Marianne : Ancrage bourgeois.

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