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Place au Peuple ?

lundi 26 novembre 2018, par René Merle

Qu’il s’en aille !

Le 29 juin 2011, Jean-Luc Mélenchon, alors candidat du défunt Front de Gauche, tenait meeting unitaire place Stalingrad à Paris. Son slogan, « Place au peuple », éclatait sur toutes les affiches. Et pour l’heure, le peuple était personnifié en tribune par Pierre Laurent, Christian Piquet, Martine Billard, Clémentine Autain, Lucien Jallamion, Danièle Obono, représentant.e.s des divers courants du Front de Gauche, et bien sûr par l’orateur.

Aussitôt, Jean-Luc Mélenchon publiait un opuscule intitulé Qu’ils s’en aillent tous ! Vite, la Révolution citoyenne.
« Qu’ils s’en aillent tous !... Les patrons hors de prix, les sorciers du fric qui transforment tout ce qui est humain en marchandise, les financiers qui vampirisent les entreprises, les barons des médias qui ont effacé des écrans le peuple. Du balai ! Ouste ! De l’air ! Je souhaite une révolution « citoyenne » en France pour reprendre le pouvoir à l’oligarchie, au monarque présidentiel, et à l’argent roi. »

Le vecteur de cette révolution était alors pour Jean-Luc Mélenchon le Front de Gauche, dont il s’était intronisé leader.
Aujourd’hui, le vecteur de cette révolution est seulement Jean-Luc Mélenchon, messie de « L’ère du Peuple » dans un mouvement hors-partis.

Bref, on sait ce que l’on veut balayer, la caste oligarchiste, la finance (attention, pas le capitalisme, mais les capitalistes parasites et sans cœur) et « le monarque présidentiel ». Et on sait qui veut prendre la place du monarque.

L’actuel mouvement des Gilets Jaunes, tel que nous le découvrons dans sa phase initiale (qui ne saurait durer sans voir éclore des tentatives d’organisation plus ou moins manipulées par le pouvoir) est d’avoir cristallisé tous les mécontentements par le cri de « Macron démission ! », qu’il s’en aille !
Bref, quelque sept ans après l’imprécation première de Jean-Luc Mélenchon, l’appel à mettre à bas le Monarque présidentiel a retenti dans nos rues et sur nos places, accompagné de La Marseillaise et du drapeau tricolore.
Mais sans Jean-Luc Mélenchon.

Imaginons que notre président écoute la révolte, et démissionne. Quid de la suite ?
Le mouvement, qui se veut non récupérable, n’a pour l’heure aucune issue politique. Anarchiste (au meilleur sens du mot, c’est à dire étymologiquement dans le refus de toute organisation et de tout pouvoir), il est comme suspendu dans le vide.
Ce qui ne laisse pas augurer une issue très positive.

Mais, puisque dans notre démocratie nous sommes suspendus aux lèvres d’un seul homme, attendons déjà ce que le Monarque présidentiel daignera nous annoncer demain soir, et nous verrons les suites…

1 Message

  • Place au Peuple ? Le 27 novembre 2018 à 07:44, par Olivier Girolami

    Bonjour René
    Hier tu disais "L’actuel mouvement des Gilets Jaunes, tel que nous le découvrons dans sa phase initiale (qui ne saurait durer sans voir éclore des tentatives d’organisation plus ou moins manipulées par le pouvoir)" et bien cela n’a pas tardé, puisque Benjamin Cauchy étant représenté comme un leader du mouvement, quittait ce dernier (ou était mis dehors plutôt) et disait hier à Yves Calvi sur RTL matin "il n’y a pas de démocratie dans ce mouvement"… Voilà un témoignage du cœur qui pour rejoindre ta remarque, vient fort à propos !!!
    Bonne journée.

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