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Jaurès, le capitalisme, et la guerre

vendredi 5 avril 2019, par René Merle

Jaurès, discours de 1895

Pendant longtemps, Jaurès a soutenu que l’humanité était peut-être au seuil de la paix universelle : la diffusion de la démocratie, la victoire de la raison sur l’irrationnel, l’internationalisme prolétarien pouvaient faire reculer la guerre à jamais ; d’autant que la multiplication d’armements terrifiants devrait suffire à persuader les gouvernants qu’un conflit serait un suicide collectif... (cf. son fameux discours à la Jeunesse, 1903). Il ne sous-estimait pas pour autant la nature même du système capitaliste et le danger des impérialismes affrontés. Cf. sa déclaration à la Chambre des députés, en 1895, que l’on a souvent résumée dans la formule "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage" :

"Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. (Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)
Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie — qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est, dans le monde, aujourd’hui, le seul parti de la paix.
"

On sait ce qu’il en advint, et comment Jaurès finit sous les balles d’un ultra-nationaliste, à la veille du déclenchement du conflit.
On sait aussi ce qu’il en est advenu des guerres, et ce qu’il en adviendra tant que ce système durera…

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