Categories

Accueil > France contemporaine politique > Macronisme > « L’attaque » de l’hôpital

« L’attaque » de l’hôpital

jeudi 2 mai 2019, par René Merle

Une réaction à chaud après les informations reçues ce jeudi 2 mai.

Il y aurait de quoi rire s’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter et de quoi s’enrager.

Quand je pense qu’au deuxième tour des dernières régionales, à l’appel de toutes les formations de gauche, je m’apprêtais à voter pour la tête de liste socialiste, Christophe Castaner, avant que celui-ci, par une dérobade démocratique, ne cède la place à monsieur Estrosi…

Et je retrouve ce socialiste, au soir d’une journée qui vit Paris en état de siège, hystériser une situation sociale déjà trop tendue. Et ce par sa dénonciation solennelle sur l’attaque de l’hôpital de la Salpêtrière, déclaration proférée sans la moindre vérification, déclaration reprise à chaud par d’autres ministres issus du sérail socialiste, déclaration aussitôt répétée à grand renfort d’indignation par une presse et des télés proches du pouvoir.
On imagine le frisson d’épouvante dans les chaumières.

Dénonciation qui s’apparente aujourd’hui, vidéos à l’appui, à un mensonge d’État. Les « envahisseurs » violents, chacun en convient désormais, étaient des manifestants pacifiques et paniqués fuyant les coups et les lacrymogènes…
De deux choses l’une, ou bien le ministre de l’Intérieur n’a pas cherché à vérifier l’information donnée par ses services, ou bien le ministre a menti sciemment. Dans les deux cas, il est clair que dans les autres pays européens (puisqu’on nous bassine sans cesse avec les pays européens sur lesquels il faudrait s’aligner), au lieu de maintenir son propos, le ministre aurait proposé sa démission…

Triste 1er mai pour le gouvernement, qui vit l’an dernier démarrer l’affaire Benalla, et qui voit aujourd’hui démarrer une autre affaire grandement préjudiciable à la crédibilité du pouvoir.
Il est clair aujourd’hui que la politique de maintien de l’ordre, accompagnée la veille du 1er mai par des prédictions propres à dissuader de manifester quiconque tient à sa peau et à sa liberté, nous met au bord de ce qu’il faut bien appeler un conflit civil où la démocratie a tout à perdre.

Que l’inquiétude de la majorité devant le score piteux que lui annoncent les sondages fasse perdre leur sang froid à ses dirigeants est une chose, mais le pays a besoin de vrais dirigeants politiques qui savent justement garder ce sang froid, qui ne fassent pas monter la tension à des fins partisanes. En existe-t-il encore ?

1 Message

  • « L’attaque » de l’hôpital Le 3 mai à 18:28, par Jean-Yves

    Ils ont tout fait pour salir ce jour des travailleurs , se polarisant comme un réflexe dorénavant sur les interpellations, les heurts , sans surtout parler de la forte mobilisation ce jour là, et d’une certaine convergence ...
    Avec le défilé syndical à Toulon, mille gilets jaunes ....
    Castaner certainement enivré par l’ambiance des médias, et aussi certain de leur approbation, a prononcé le soir la phrase de trop.
    Ce matin, même l’homme au foulard rouge, opinait du chef sur l’erreur. C’est dire.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article