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Rousseau et l’intolérance religieuse

samedi 11 mai 2019, par René Merle

Un extrait du « Contrat social »

Du Contrat social ou Principes du Droit politique. Par J.J.Rousseau, Citoyen de Geneve. A Amsterdam, Chez Marc-Michel Rey. M.DCC.LXII - (IV-VIII)

"Ceux qui distinguent l’intolérance civile & l’intolérance théologique se trompent à mon avis. Ces deux intolérances sont inséparables. Il est impossible de vivre en paix avec des gens qu’on croit damnés ; les aimer, seroit haïr Dieu qui les punit ; il faut absolument qu’on les ramène ou qu’on les tourment. Par-tout où l’intolérance théologique est admise, il est impossible qu’elle n’ait pas quelque effet civil, & si-tôt qu’elle en a, le Souverain n’est plus Souverain, même au temporel ; dès-lors les Prêtres sont les vrais maîtres ; les Rois ne sont que leurs Officiers.
Maintenant qu’il n’y a plus & qu’il ne peut plus y avoir de Religion nationale exclusive, on doit tolérer toutes celles qui tolèrent les autres, autant que leurs dogmes n’ont rien de contraire aux devoirs du citoyen. Mais quiconque ose dire, Hors l’Eglise point de Salut, doit être chassé de l’Etat ; à moins que l’Etat ne soit l’Eglise, & que le Prince ne soit le Pontife. Un tel dogme n’est bon que dans un Gouvernement Théocratique, dans tout autre il est pernicieux. La raison sur laquelle on dit qu’Henri IV embrassa la Religion Romaine, la devroit faire quitter à tout honnête homme, & sur-tout à tout Prince qui sçaurait raisonner."

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